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Le dilemme d'Israël face au génocide arménien
Publié le : 24-04-2015

Le Figaro

Par Cyrille Louis Publié le 24/04/2015 à 06:00

Correspondant à Jérusalem

L'Etat hébreu, soucieux de ne pas froisser la Turquie et l'Azerbaïdjan, s'est toujours refusé à qualifier ainsi les massacres survenus en 1915. Mais une partie de l'opinion israélienne réclame la remise en cause de cette posture.

L'Etat hébreu, qui a toujours refusé de reconnaître le génocide arménien, ne sera pas pour autant absent des cérémonies organisées à Erevan pour en commémorer le centenaire. Sous pression d'une partie de son opinion publique, le gouvernement a décidé de s'y faire représenter par une délégation parlementaire. «Cette démarche reflète la sympathie et la solidarité que nous éprouvons vis-à-vis du peuple arménien», explique Emmanuel Nahshon, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, tout en soulignant qu'il n'est pas question, à ce stade, de remettre en cause la position israélienne. «Nous continuons d'évoquer une tragédie, et non pas un génocide, pour désigner les événements survenus en 1915», rappelle-t-il.

Avant de s'envoler pour Erevan, le député Nachman Shai (Union sioniste) et sa collègue Anat Berko (Likoud) ont ainsi été priés par les diplomates israéliens de choisir avec soin les mots qu'ils emploieront durant leur mission. Pas question, les a-t-on mis en garde, d'afficher des positions qui risqueraient de froisser la Turquie ou l'Azerbaïdjan. Mais la participation de ces deux parlementaires aux cérémonies d'Erevan laisse penser que la position israélienne n'est pas gravée dans le marbre. «Israël doit se demander si l'heure n'est pas venue de reconnaître qu'un génocide s'est déroulé en Arménie», explique Nachman Shai, qui, à titre personnel, parle d'un «holocauste arménien». «En tant que Juifs, nous avons la responsabilité de franchir ce pas, ajoute-t-il. Notre participation à ces commémorations traduit un engagement fort et clair de la Knesset, qui a régulièrement commémoré le souvenir des victimes, à réexaminer cette question.»

Une pétition pour la reconnaissance du génocide

Le gouvernement, soulignant que seuls une vingtaine de pays ont à ce jour reconnu le génocide arménien, considère qu'une telle démarche irait à l'encontre de ses intérêts stratégiques. Elle risquerait d'aggraver encore la brouille avec Ankara, l'un des rares alliés qu'Israël compte dans la région, avec lequel les relations sont des plus fraîches depuis l'assaut mortel contre le navire Mavi Marmara (2010). Elle ne manquerait pas, en outre, de froisser l'Azerbaïdjan. Or l'Etat hébreu entretient depuis les années 1990 un lien étroit avec Bakou, qui lui apporte une aide discrète mais essentielle dans ses efforts pour surveiller le programme nucléaire iranien. La relation entre les deux pays est «semblable à un iceberg», aurait jadis confié le président Ilham Aliyev, qui précisait alors: «Elles se déroulent à 90% sous la surface…»

Cent ans après le génocide arménien, de nombreuses voix appellent cependant les autorités israéliennes à ne pas sacrifier leurs principes à ces considérations géopolitiques. «En tant que descendants d'un peuple qui a connu l'Holocauste et qui se bat encore contre sa négation, il nous incombe de montrer une sensibilité particulière aux désastres subis par d'autres peuples», affirme une pétition récemment signée par une groupe d'universitaires, d'artistes, d'ex-officiers généraux et de responsables politiques israéliens. Le président Reuven Rivlin, élu au printemps 2014, est lui-même un partisan notoire de la reconnaissance du génocide arménien. Au nom de la raison d'Etat, il a récemment mis ce point de vue en sourdine. «Rouvrir ce débat au moment du centenaire n'a pas paru opportun, décrypte un responsable israélien, mais il ne serait pas surprenant qu'il revienne sur la table une fois les commémorations achevées…»




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Source/Lien : Le Figaro



   
 
   
 
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