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Pourquoi Israël ne reconnaît pas le génocide des Arméniens ?
Publié le : 24-04-2015

France 24

Texte par Bahar MAKOOI

Dernière modification : 24/04/2015

Israël fait partie des pays qui ne reconnaissent pas officiellement le génocide des Arméniens en 1915. Des voix s’élèvent contre cette position diplomatique qui vise à éviter d’envenimer les relations déjà tendues avec la Turquie.

À la veille des commémorations officielles du centenaire du génocide des Arméniens en 1915, des voix se sont élevées dans la communauté juive en France et en Israël pour demander à I'État hébreux de reconnaître officiellement le caractère génocidaire de ce massacre commis sous l’Empire ottoman.

"Dans moins de 25 ans, ce sera au tour du centenaire du génocide des juifs d’être célébré dans le monde entier, et – nous l’espérons – y compris dans le monde musulman. Comment cultiver cette espérance d’unanimité si l’État des juifs se refuse encore à cette reconnaissance formelle pour ne pas indisposer son puissant voisin turc ?", se sont indignés, dans une tribune du "Monde", Serge et Arno Klarsfeld, respectivement président de l’association des "Fils et filles des déportés juifs de France" et ancien avocat de cette même association.

Comme le rappellent le père et le fils, la non-reconnaissance du génocide des Arméniens a joué un rôle historique dans le passage à l’acte des nazis qui ont massacré plusieurs millions de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce que confirme Edy Cohen, chercheur au département d'études du Moyen-Orient de l'université israélienne de Bar-Ilan. Des archives montrent "que l'apathie de la communauté internationale, l'oubli du massacre des Arméniens par les Turcs pendant la Première Guerre mondiale et l'absence de réponse appropriée ont encouragé Adolf Hitler à conquérir des territoires et à anéantir les juifs en Europe", écrit-il dans un édito publié sur i24news, dans lequel il dénonce la position diplomatique d'Israël.

Les tentatives lancées ces dernières années par des députés israéliens pour faire reconnaître le caractère génocidaire des massacres perpétrés par les Turcs envers les Arméniens ont échoué. En 2011, puis une nouvelle fois en 2013, Zahava Gal-On du parti israélien de gauche Meretz notamment, avait poussé la Knesset à examiner une reconnaissance du génocide, sans résultat. Malgré les appels persistants de ces députés, et une pétition signée par des artistes et intellectuels israéliens, l’État hébreu n'a pas changé de position.

Relations dégradées entre Israël et la Turquie

Pour Israël, il s’agit de préserver des relations diplomatiques déjà tendues avec la Turquie. Ankara était l’un des proches alliés de l’État hébreux dans le monde musulman, avant que la situation ne se dégrade en 2010 avec la prise d’assaut par l’armée israélienne d’un navire turc, le Mavi Marmara. Le bateau faisait partie d'une "flottille pour Gaza" voulant briser le blocus naval israélien autour de l'enclave palestinienne. Dix ressortissants turcs avaient péri dans cette opération militaire.

Depuis, les rapports turco-israéliens ne se sont pas améliorés. Après la marche organisée le 11 janvier à Paris pour condamner les attentats terroristes, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, dérangé par la présence de son homologue israélien Benjamin Netanyahou, l’avait comparé aux terroristes islamistes. L’État hébreu avait alors répliqué par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, en traitant le président turc Recep Tayyip Erdogan de "petit caïd antisémite".

Paradoxalement, les échanges commerciaux entre Israël et la Turquie sont restés au beau fixe et ont continué de croître, s’élevant à 5,2 milliards d'euros en 2014, selon le site d’information turc Today’s zaman.

Ne pas froisser l’Azerbaïdjan

D’après une source officielle israélienne citée par Al-Monitor, site spécialisé dans l’actualité et la recherche sur le Moyen-Orient, la position d'Israël s'explique également par ses liens avec l'Azerbaïdjan. Pour cet ancien État membre du bloc soviétique, en conflit avec l’Arménie voisine, le génocide est une "invention historique". Si Israël reconnaît le caractère génocidaire du massacre des Arméniens, l’Azerbaïdjan pourrait se froisser.

Or, c’est un autre allié musulman de poids dans la région, et ce d’autant plus que les relations avec la Turquie se sont détériorées. L’Azerbaïdjan, qui comme Israël considère le nucléaire iranien comme une menace, possède 611 kilomètres de frontière avec l’Iran. Une position stratégique qui n’est pas sans intéresser Israël, pour qui l’Iran reste un ennemi à surveiller.

Outre Israël, la position d'autres États concernant le drame arménien reste encore ambigüe. Washington, qui appelle à reconnaître les faits, n’utilise jamais le mot "génocide", tout comme le Royaume-Uni.




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Source/Lien : France 24



   
 
   
 
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