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Après le génocide, l'exil planétaire des Arméniens
Publié le :

L'Express

Par Christian Makarian , publié le 24/04/2015 à 14:04 , mis à jour à 15:32

Les routes de la déportation ont dispersé les descendants sur plusieurs continents. La république d'Arménie a acquis péniblement son indépendance, mais le fait diasporique demeure.

A l'origine, contrairement à une idée répandue, le fait diasporique arménien est largement le résultat d'itinéraires individuels. Et ce, depuis des temps très anciens. C'est ainsi que l'on retrouve sur toute la carte du monde des aventuriers, voyageurs ou commerçants, qui ont laissé des traces un peu partout et au fil des siècles, dans l'Antiquité, au temps des croisades ou dans la période moderne.

Deux exemples parmi mille. En 1672, un Arménien ouvre le premier débit de café parisien, la Maison Caova. En 1835, deux frères qui ont fait fortune à Singapour, y font ériger une ravissante église, laquelle trône toujours au coeur résidentiel de la ville. Ce trait va s'inverser avec les persécutions ottomanes, qui prennent toute leur ampleur au XIXe siècle, et l'exode de familles entières, suivies parfois par tout un village ou tout un quartier. Les premières vagues de migrants quittent le territoire turc en direction des Etats-Unis ou de l'Argentine, dans la décennie 1890, tandis que d'autres, issus de milieux plus aisés, partent vers la France ou la Russie.

C'est véritablement le phénomène génocidaire de 1915-1916 qui provoque le départ en masse de réfugiés, tout au long des années 1920, selon des schémas qui empruntent des routes et des destinations souvent communes, en fonction des itinéraires de la déportation, des divers réseaux d'entraide ou des accointances locales, régionales, religieuses (selon l'appartenance aux Eglises apostolique, catholique ou protestante)... Cela sans sous-estimer l'immense part de hasard, relevant de conditions chaotiques de survie, qui ont valu à certains de se retrouver en Scandinavie ou en Inde.

Dans la plupart des cas, néanmoins, les chemins de l'exode ont conduit les Arméniens vers trois directions principales : les pays du Moyen-Orient, l'Europe occidentale (mais aussi orientale) et les Amériques. On retrouve aujourd'hui 1,5million de leurs descendants répartis entre les Etats-Unis (principalement New York, Boston et la Californie), le Canada et l'Argentine (mais aussi le Chili, le Brésil et l'Uruguay), 600 000 dans l'Union européenne (dont 450000 en France) et environ 500 000 au Proche-Orient (Liban, surtout, puis Syrie, Iran, Irak, Egypte, Jordanie, Israël...). Ajoutons qu'il reste seulement de 50 000 à 60000 Arméniens en Turquie.

Plus de 2 millions d'Arméniens dans l'ancien espace soviétique

La république d'Arménie, née en 1918, avant d'être rapidement bolchevisée (à la fin de 1920) et intégrée à l'URSS, constitue une autre source migratoire, pour de tout autres raisons. Actuellement peuplée de 3 millions d'habitants, elle a dû traverser un siècle très difficile pour n'acquérir de nouveau l'indépendance qu'en 1991.

Durant la période soviétique - et depuis, avec le conflit du Haut-Karabakh, qui voit Erevan et Bakou s'affronter depuis vingt ans -, ses ressortissants ont été naturellement portés à se diriger vers la Géorgie voisine (où la présence arménienne a toujours été importante, surtout à Tbilissi), mais aussi vers l'Ukraine et la Crimée (où une ville de taille notable se nomme toujours Armiansk) ou vers la Russie. Le blocus que le pays doit subir de la part de l'Azerbaïdjan et de la Turquie n'a fait qu'accentuer l'hémorragie démographique.

Aujourd'hui, on compte plus de 2 millions d'Arméniens dans l'ancien espace soviétique, principalement en Russie. Un afflux qui a autorisé Vladimir Poutine à se livrer à cette plaisanterie devant son homologue arménien : "Qui est le vrai président de l'Arménie, vous ou moi ?"

Cette double source migratoire définit aussi une dichotomie très spécifique. Pendant près de mille ans, privée d'Etat national, l'arménité s'est exprimée d'abord dans l'Empire ottoman, puis, après la concomitance de la dispersion génocidaire et de la glaciation soviétique, au sein de la diaspora. Si bien qu'Erevan n'a jamais été la capitale de ce vaste ensemble humain, aujourd'hui éclaté sur la mappemonde. Désormais, ce peuple "décentralisé" doit réapprendre à ressouder l'âme et le corps, autrement dit l'identité et le territoire.




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Source/Lien : L'Express



   
 
   
 
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