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Génocide des Arméniens: le bal des hypocrites…
Publié le : 27-04-2015

Le Peuple

27 avril 2015

Le 26 mars 1998, le Sénat a voté une résolution reconnaissant la réalité historique du génocide des Arméniens de Turquie en 1915 par les forces ottomanes, faisant 1.500.000 victimes. A ce jour, 23 pays ont reconnu ce génocide, le premier étant l’Uruguay en 1965 et le dernier, la Syrie en mars 2015. En Belgique, le dernier incident en date est révélateur de l’hypocrisie des élus socialistes au Parlement bruxellois (voir article Belgique): selon La Libre, un lobbying socialiste effréné aurait été mené au sein de l’hémicycle pour éviter aux élus PS d’origine turque de « devoir » pratiquer une ostensible politique de la chaise vide au moment de la minute de silence proposée par Ecolo. Résultat : on oublie …

Le peu d’engouement pour reconnaître aux Arméniens le statut de victimes d’une épuration ethnique commise il y a 100 ans peut s’expliquer par la présence de la Turquie dans l’OTAN (il ne faut pas fâcher un allié dont les bases militaires sont essentielles pour la protection du flanc sud-est de l’Alliance) et par l’influence de la diaspora turque dans nombre de pays (ne pas se mettre à dos un électeur potentiel). Les morts arméniens ne votant pas, le choix de nos démocraties adoratrices des Droits de l’homme est vite fait.

Des parlementaires hypocrites et négationnistes

La Belgique n’échappe pas aux règles de ce système hypocrite. Malgré la résolution de 1995, il n’existe pas de loi réprimant la négation de ce génocide qui ne trouve pas sa place dans celle de 1995 pénalisant la négation de l’Holocauste. Une proposition de loi visant à combler cette lacune a été déposée en 2006 pour être tout aussitôt contrée par le PS sous la pression des élus bénéficiant de la double nationalité belge et turque de ce parti en la personne de la Ministre de la justice de l’époque, Laurette Onkelinx. Normal : un citoyen belgo-turc reste soumis aux lois du pays d’origine qui, en l’espèce, panturquisme et nationalisme obligeant, punissent d’une peine d’emprisonnement tout « dénigrement public » de l’identité turque, de l’Etat turc, de son gouvernement ou toute autre institution étatique » (Article 301 du code pénal turc ). Ceci repose une nouvelle fois la question de la double allégeance de mandataires à double nationalité.

Dans un jugement rendu en novembre 2005, le tribunal de première instance de Bruxelles a donné tort au plaignant, qui s’estimait abusivement traité de négationniste vis-à-vis du génocide arménien : « Le tribunal constate dès lors que la position de Monsieur Emir Kir (NDR : actuellement bourgmestre PS de Saint-Josse-ten-Noode et député bruxellois) consistant à refuser de qualifier de génocide le massacre et la déportation des Arméniens par l’Empire ottoman en 1915-1916 avant qu’une commission d’historiens indépendants se soit prononcée sur la question, tend, en ignorant délibérément les nombreux travaux sérieux déjà accomplis, à reporter indéfiniment toute décision sur une telle qualification, ce qui revient dans les faits à la nier. » Ces faits de négationnisme émanant de mandataires politiques ne sont malheureusement pas isolés surtout en période électorale : candidats MR, PS, CdH belgo-turcs ne se gênent pas pour donner dans les médias turcs leur position vis-à-vis du « prétendu génocide des Arméniens (Ermenilerin sözde soykırım) » sans que cela dérange leurs présidents de partis. La députée voilée du CdH, Mahinur Özdemir, en est un exemple bien connu.

Le MR encommissionne le négationnisme

Contacté par Le Peuple, le président du MR, n’a pas infirmé la présence dans ses rangs de mandataires négationnistes. Le nettoyage de printemps n’est plus d’actualité, semble-t-il. Olivier Chastel nous informe qu’un séminaire sera prochainement organisé par le centre Jean Gol (bureau d’études du MR) ; celui-ci « sera consacré aux génocides du XXème siècle et de l’extension à ceux-ci de la loi réprimant le négationnisme de 1995 ». Vaste programme : le génocide pontique par les Ottomans entre 1921-1923, les génocides staliniens, la persécution des Roms par les nazis, le massacre de dix millions de Chinois par l’armée impériale japonaise entre 1942 et 1945, l’épuration des Serbes par les Oustachis croates de 1941 à 1945, les massacres d’Indous par les musulmans du Pakistan en 1947-1949, la déportation et le massacre de populations chinoises sous Mao Zedong, la répression des tibétains par les Chinois entre 1959 et 1970, le génocide du Bangladesh par le Pakistan en 1971, le génocide Khmer par Pol entre 1975 et 1979, le génocide des Tutsi au Rwanda viendront-ils donc s’ajouter à la pénalisation du génocide des Arméniens ?

Olivier Chastel ajoute : « Nous réfléchissons à la meilleure manière d’envisager l’extension éventuelle de cette loi afin de ne pas sombrer dans les excès procéduraux, ni entraver le nécessaire travail scientifique sur la question des génocides », déclare-t-il. Réelle volonté du MR d’aboutir à la pénalisation du génocide des Arméniens ou nuage de fumée ? Tout porte à croire que le Mouvement réformateur ne profitera pas de sitôt de la présence du PS dans l’opposition pour finaliser les travaux sur la négation du génocide des Arméniens.

Le Président du MR estime que « reconnaître un fait historique pour marquer les mémoires et éviter qu’il se renouvelle, ce n’est pas rendre responsables les gouvernants d’aujourd’hui ». C’est une évidence. Mais le problème n’est pas là dès lors qu’il s’agit de pénaliser la négation de ce génocide et non de rendre Erdogan et son gouvernement personnellement responsable du génocide de 1915.

La frilosité du MR peut s’expliquer par autre chose : le poids lourd du MR qu’est Louis Michel – dont la position pro-adhésion de la Turquie à l’Union européenne tient du mantra ou du trouble obsessionnel – ne semble pas être sur la même ligne que son président : En 2003, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères, il s’était déjà opposé à la rédaction d’une nième proposition de résolution sur le génocide des Arméniens, estimant qu’il « entend se concentrer sur l’avenir plutôt que sur le passé, et orienter la créativité et la crédibilité de la diplomatie belge vers une possible contribution à l’amélioration des relations entre la Turquie et l’Arménie. L’adoption de la présente proposition serait dès lors inopportune.». En outre, il déclarait dans les medias turcs que la question de la reconnaissance du génocide par l’Etat turc n’était pas un des critères d’adhésion de la Turquie à l’Europe.

Combat des Chefs en perspective au MR (Chastel – Michel(s) – Reynders) sur fond de double langage ? Au vu des états d’âme à géométrie variable des libéraux – que ce soit en matière de pénalisation de la négation du génocide de 1915 ou d’adhésion de la Turquie de l’islamiste Erdogan dans l’Union européenne, il semble bien que ce dernier n’ait pas trop de soucis à se faire dans les prochaines années …

Paroles, paroles (air connu)

Mâles propos qui n’ont jamais été suivis d’effet si l’on en juge par les trois exemples suivants :

BELMA TEK avait participé en 2004 à une manifestation exigeant le démantèlement d’un monument bruxellois commémorant ce génocide et en 2006 a réitéré des propos négationnistes dans la presse turque. Elle a été élue sous la bannière MR à Evere lors des élections communales du 14 octobre 2012.

ESMA CANER (transfuge du PS), active au sein du Belçika Türk Koordinasyon Kurulu (BTTK), le Conseil de coordination belgo-turc, identifié par certains observateurs comme une organisation d’extrême droite proche du MHP, parti turc fasciste, négationniste et xénophobe, s’est présentée aux dernières élections communales à Charleroi sur la liste MR tirée par Olivier Chastel. Lequel la présentait sur son site comme étant sa « collaboratrice » …

DERYA BULDUK est proche du belgo-turc Zeki Yarol représentant en Belgique le MHP, parti d’extrême droite turc. Elle s’est fait remarquer en adressant une missive au président de l’UMP (Sarkozy), dans laquelle elle s’inquiétait de l’existence de propositions de loi françaises visant à réprimer le négationnisme vis-à-vis du génocide arménien. Cela ne l’a pas empêchée d’être élue en 2012 conseillère communale MR à Saint-Josse et d’être classée N 6° sur la liste MR à l’Europe (non élue) en 2014.

Lorsque les droits des descendants de victimes d’un génocide d’Etat sont bafoués au nom de la diplomatie, du politiquement correct et du communautarisme électoral, c’est une part de l’âme du Peuple belge qui est foulée aux pieds par ses représentants qui donnent aux négationnistes une crédibilité honteuse.

P.H.




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Source/Lien : Le Peuple



   
 
   
 
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