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L’Allemagne ose le mot qui fâche
Publié le :

Libération

Nathalie VERSIEUX Berlin, de notre correspondante 23 avril 2015 à 20:36

Malgré l’influence d’Ankara, Berlin doit officiellement reconnaître le génocide arménien ce vendredi.

L’embarras de Berlin est criant. Il aura fallu un week-end de tractations intenses entre groupes parlementaires, chancellerie, ministère des Affaires étrangères et présidence de la République pour que le gouvernement accouche d’un projet de résolution qui sera adopté vendredi par le Bundestag et qui qualifiera pour la première fois de «génocide» le massacre des Arméniens. Selon la résolution, leur destin«est exemplaire de l’histoire des destructions de masse, des purifications ethniques, des déplacements de populations et des génocides qui ont marqué le XXe siècle d’une façon si effroyable. Sachant que nous sommes conscients du caractère unique de l’Holocauste dont l’Allemagne porte la culpabilité et la responsabilité».

Cette reconnaissance tardive marque l’aboutissement d’un long processus. En 2005, le Bundestag «s’excuse» dans une première résolution pour le rôle joué par Berlin lors des «événements» de 1915. Le mot «génocide» n’est alors pas prononcé. «L’Allemagne a toujours détourné le regard de la question arménienne, explique la politologue Ayata Bilgin, de l’Université libre de Berlin. Au sens propre du terme, quand, en 1915, les officiers allemands présents sur place étaient les premiers témoins du drame et avaient fermé les yeux. Et, depuis, en refusant jusqu’à aujourd’hui de qualifier le massacre de génocide pour éviter de compromettre des relations historiques entretenues d’abord avec l’Empire ottoman, puis avec la Turquie, important partenaire économique, politique, diplomatique de Berlin…»

La présence de 3 millions de Turcs en Allemagne, dont quantité de nationalistes - pour une infime minorité d’Arméniens - explique aussi ce long silence. «Ankara est aussi très actif à l’étranger pour lutter contre la reconnaissance du génocide, notamment dans les pays comptant une forte minorité turque», souligne Ayata Bilgin. En 2011, l’université de Stuttgart a même dû annuler une manifestation prévue pour la commémoration du massacre, sous la pression du consulat turc. L’an passé, ce dernier protestait contre une pièce de théâtre donnée à Constance sur le génocide. Avec succès : le théâtre a accepté de lire la lettre de protestation au début du spectacle.

Ce long silence du principal partenaire européen de la Turquie pourrait relancer la polémique autour d’un autre massacre, commis par l’Allemagne coloniale cette fois, contre les Héréros de Namibie, un peuple qui s’était soulevé en 1904 contre l’occupant allemand. Il sera désormais difficile pour Berlin de continuer à refuser de reconnaître ce génocide. D’autant que nombre d’officiers présents en Namibie ont ensuite assisté au génocide des Arméniens. «Aujourd’hui, des historiens font le lien entre le massacre des Héréros et celui des Juifs, soulignant la continuité du génocide. Les premiers camps de concentration allemands ont été ouverts en Namibie», rappelle Ayata Bilgin.

Nathalie VERSIEUX Berlin, de notre correspondante





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Source/Lien : Libération



   
 
   
 
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