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En Turquie, le président Erdogan est en passe de perdre son pari
Publié le :

La Croix

7/6/15

Le président de Turquie, depuis 13 ans au pouvoir, avait besoin d’une forte majorité au parlement pour accélérer la transformation de son pays.

Mais les résultats des premiers bulletins dépouillés, à l’occasion des élections législatives du 7 juin, montrent qu’il n’obtient pas le seuil nécessaire pour pouvoir changer la constitution.

Comme c’est déjà le cas depuis 13 ans, les élections législatives de ce dimanche 7 juin en Turquie étaient d’abord un plébiscite pour ou contre le président Recep Tayyip Erdogan.

Selon les premiers résultats partiels, dimanche à 19 heures, portant sur 70 % des bulletins dépouillés, le parti au pouvoir AKP emporterait 43 % des voix, ce qui lui donnerait 270 sièges au parlement, le contraignant à former un gouvernement de coalition.

Le parti kurde HDP réussirait à avoir des élus avec plus de 10 % des voix, ce qui lui donnerait 71 sièges. Le principal parti d’opposition CHP (social-démocrate) obtiendrait 24 % des voix, soit 124 sièges. Le parti de l’action nationaliste MHP (droite) obtiendrait 17% des voix, soit 85 sièges. Ainsi, le parti AKP resterait la principale force politique du pays, mais perdrait la majorité absolue au parlement, qui compte 550 élus.

Recep Tayyip Erdogan est au centre de la vie politique turque depuis 2002. Premier ministre à poigne, il a su accélérer le décollage économique du pays. Il a mis en place un régime renouant avec les valeurs conservatrices musulmanes, tout en étant favorable à l’activité économique des grands groupes turcs.

UNE RÉFORME DE LA CONSTITUTION POUR RESTER AU POUVOIR

À la tête de l’AKP, le Parti de la justice et du développement, il ne pouvait plus se représenter pour un nouveau mandat de premier ministre. Il a donc choisi, en août dernier, de devenir président.

Il tente, depuis, de garder les rênes du pays en faisant adopter une réforme constitutionnelle. Il plaide pour un régime présidentiel, tandis que ses opposants redoutent une « dictature constitutionnelle ».

ERDOGAN A BESOIN D’UNE MAJORITÉ DES DEUX TIERS

Pour mener à bien cette réforme, Recep Tayyip Erdogan avait besoin d’obtenir une majorité des deux tiers au parlement, soit 367 des 550 sièges de députés. Il lui en fallait 330 au moins pour pouvoir tout de même soumettre la réforme à référendum. S’il se confirme qu’il n’atteint pas ce seuil, il devrait se trouver contraint de renoncer à ce projet.

Les sondages donnaient une majorité à l’AKP, avec 40 à 42 % des intentions de vote. Lors des dernières élections de 2011, l’AKP avait emporté 49,9 % des suffrages.

La personnalité du président Erdogan, tout comme l’orientation politique de l’AKP, divise les Turcs. Toujours très populaire auprès des classes populaires, l’ancien maire d’Istanbul est conspué par certaines classes moyennes pour son orientation trop conservatrice, ses déclarations à l’emporte-pièce et sa pratique du pouvoir peu démocratique.

De plus, après dix ans de forte croissance, le pays connaît un ralentissement. Le PIB n’a augmenté que de 2,9 % en 2014, après une décennie où la croissance à connu des pics au-dessus des 12 %. La méfiance des investisseurs étrangers s’est installée.

LE DÉFI DU PARTI KURDE HDP

Ces élections étaient donc capitales pour décider si la Turquie engage la transition vers l’après-Erdogan, ou si le président pourra réaliser son rêve qui consiste à devenir une sorte de sultan moderne, à la tête d’un pays qu’il souhaite une locomotive du Proche-Orient.

Pour lui barrer la route, Recep Tayyip Erdogan avait surtout en face de lui un parti kurde : le Parti démocratique du peuple (HDP) qui tentait de franchir la barre des 10 % des voix, requise pour entrer au parlement. Il semble y être arrivé, selon les estimations de dimanche soir, ce qui devrait priver lÂ’AKP de la majorité qualifiée quÂ’il visait.

Très à gauche, moderne et tourné vers les minorités, le parti kurde est conduit par un jeune et charismatique leader, Selahattin Demirtas. Il a reçu le soutien de membres de la classe moyenne turque qui veulent ainsi s’opposer à Recep Tayyip Erdogan. Le but de l’opposition était bien de limiter la victoire de l’AKP. Il semble avoir été atteint.

Alain Guillemoles




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Source/Lien : La Croix



   
 
   
 
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