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Turquie: «Le but était de créer le chaos et un bain de sang»
Publié le :

Libération

Marc SEMO Envoyé spécial à Ankara 6 juin 2015 à 08:48

Un attentat a fait deux morts et plus d’une centaine de blessés vendredi en fin de journée à Diyarbakir, lors d'un meeting du parti prokurde HDP. La Turquie vote dimanche pour les législatives.

«Le but était de créer le chaos et un bain de sang dont le pouvoir nous aurait fait porter la responsabilité», accuse Altan Tan, un député du HDP (parti démocratique des peuples). Les dirigeants de ce mouvement prokurde, vitrine politique de la rébellion mais aujourd’hui en pleine mutation pour représenter «toutes les diversités et les minorités de la Turquie», sont convaincus que les explosions qui ont fait au moins deux morts et plus d’une centaine de blessés vendredi en fin de journée à Diyarbakir étaient des attentats soigneusement planifiés.

Il était un peu moins de 18 heures. Selahattin Demirtas, le co-président du HDP, s’apprêtait à commencer son grand discours de clôture de campagne devant des dizaines de milliers personnes massées sur une place de la «capitale» du sud-est anatolien peuplée en majorité de Kurdes. Les deux déflagrations, à une trentaine de mètres à peine de la tribune, ont créé un mouvement de panique qui s’est rapidement transformé en rage. Des jeunes ont lancé des pierres contre la police, qui a répondu aussitôt par des tirs de gaz lacrymogène et avec des canons à eau.

«Il faut contrôler notre colère et elle va s’exprimer dans les urnes, mais ne tombons pas dans la provocation», martelaient les dirigeants et les militants du HDP, qui ont réussi peu à peu à calmer la foule et à éviter l’émeute. Tous les partis, y compris l’AKP au pouvoir, ont exprimé leurs condoléances au HDP. Le chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé une «provocation» visant à perturber le processus électoral.

«Nous savons très bien qui a commandité ces attentats, qui parle jour après jour le langage de la haine pour faire monter la tension dans le pays», analyse le co-vice président du HDP, Saruhan Oluç. Il vise les propos enflammés du président islamo-conservateur qui, tout au long de la campagne pour les législatives de dimanche, a pourfendu le HDP comme «le parti terroriste», dénonçant «l’athéisme» de ses leaders. Notamment de Selahattin Demirtas, qu’Erdogan a accusé, lors d’un meeting, d’être «un mangeur de porc».

Le parti prokurde qui, pour la première fois, présente des candidats sous ses propres couleurs dans tout le pays, est convaincu de pouvoir engranger cette fois plus de 10% des voix à l’échelle nationale, le seuil minimum pour être représenté au Parlement. Si Selahattin Demirtas réussit son pari – ce qui est possible, au vu des sondages le créditant de 11 ou 12% des suffrages - l’AKP, le parti au pouvoir depuis 2002, ne pourra en aucun cas disposer de la majorité des deux tiers nécessaire pour changer la Constitution et instaurer le régime présidentiel qu’Erdogan appelle de ses vœux.

L’HDP est donc l’ennemi à abattre par tous les moyens. Des policiers s’étaient même rendus, il y a un mois, au domicile de Demirtas pour une perquisition dans le cadre d’une affaire de stupéfiants avant de s’excuser.... pour l’erreur d’adresse.

Le double attentat de Diyarbakir est le plus grave et le dernier en date d’une longue série d’agressions et de provocations visant ce mouvement. Il y a plus d’un mois et demi, dans la région d’Agri, à l’extrême est du pays, des militaires étaient intervenus contre la guérilla kurde, l’accusant de mener la propagande électorale du HDP. Puis ils se sont retirés après l’accrochage, abandonnant sur le terrain plusieurs blessés qui furent protégés par les militants kurdes.

Quelque 125 sièges du HDP ont été attaqués depuis le début de la campagne, dont ceux des villes de Mersin et d’Adana, dans le sud, visés le 18 mai dernier par des colis piégés qui auraient pu causer un carnage. Les incidents se sont intensifiés ces derniers jours. Le 3 juin, le chauffeur d’un bus électoral du parti a été tué après avoir été torturé dans la petite ville kurde de Bingol.

Le lendemain, une caravane électorale du parti était attaquée à Erzurum, dans l’Est, par des militants islamistes hurlant «Allahou Akbar». Cet affrontement a fait plus de deux cent blessés et un chauffeur qui tentait de sortir de sa voiture incendiée a été lynché par les islamistes puis remis dans les flammes. Il est toujours entre la vie et la mort. Aucune enquête n’a été ouverte et aucun auteur de ces attaques identifié, ce qui nourrit tous les soupçons sur les jeux troubles du pouvoir. Le co-vice président du parti, Saruhan Oluç, accuse : «Ce gouvernement sait qu’il a déjà perdu l’élection et il panique, car jusqu’ici, il a gagné toutes les élections et il ne sait pas perdre. Il ne veut pas perdre.»

Marc SEMO Envoyé spécial à Ankara




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Source/Lien : Libération



   
 
   
 
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