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Turquie : grave revers électoral pour le président Erdogan
Publié le :

Le Figaro

Par Samuel Forey Mis à jour le 07/06/2015 à 23:57 Publié le 07/06/2015 à 23:16

Le parti du chef de l'État perd la majorité absolue, alors que le HDP, la formation kurde, remporte une victoire historique.

L'AKP a un genou à terre. Le tout-puissant parti au pouvoir a subi son premier échec majeur en 13 ans de règne, en perdant la majorité absolue à l'Assemblée. Par rapport aux dernières élections législatives, le parti passe de 49 % à 40,7 % des suffrages et devrait perdre entre 50 et 60 députés. Il recule dans toutes les provinces. Le parti kurde HDP, en revanche, obtient 80 sièges, avec 12,9 % des voix. Le taux de participation gagne deux points, un massif 85%.

Pour le président de la République, Recep Tayyip Erdogan, c'est en effet une lourde défaite. Il s'était fortement impliqué dans cette campagne avec plus d'une dizaine de meetings, alors que la constitution le place en théorie au-dessus des partis. L'AKP avait utilisé sans discrétion les moyens de l'Etat, transformant des commémorations officielles en meetings politiques. M. Erdogan espérait changer la constitution et passer à un régime présidentiel. Il devra abandonner ce rêve. Son parti ne pourra pas gouverner seul. Il devra soit former une coalition - éventualité écartée par les trois autres partis représentés à l'Assemblée -, soit convoquer des élections anticipées.

Attentat à la bombe

Le David qui a fait trébucher le Goliath, ce 7 juin, c'est la formation pro-kurde de gauche HDP et son leader, Selahattin Demirtas. La partie était difficile. Aux dernières législatives, le parti avait remporté 6,5% des suffrages avec des candidats indépendants, qui n'ont donc pas pu former de groupe officiel à l'Assemblée. Cette année, le parti pro-kurde avait tenté le pari, bien incertain, de présenter ses propres listes dans cette campagne. Franchir le seuil des 10%, l'un des plus élevés au monde, fut tout l'enjeu de cette campagne.

Aussi bien M. Demirtas que les candidats et tous les militants ont labouré le terrain, dans la Turquie entière. Jamais le parti pro-kurde n'a été en mesure de faire campagne aussi ouvertement. Il a payé cher le fait d'être en première ligne, et principal adversaire, de fait, de l'AKP. Le président Erdogan a accablé le parti et son leader de tous les maux, tout comme les autres candidats. Pire, des agressions physiques ont eu lieu. Plus de 120 locaux du parti ont subi des attaques pendant la campagne. Deux militants ont été lynchés par des foules hostiles - personne n'a été arrêté pour ces attaques. Le point culminant des tensions a été atteint vendredi, quand un attentat à la bombe a causé la mort de deux personnes et fait une centaine de blessés, juste avant un meeting du leader du Parti, Selahattin Demirtas.

Scènes de liesse dans le Kurdistan

A grand-peine, celui-ci avait appelé ses militants à garder leur calme. Il avait également demandé de ne pas céder au triomphalisme. Peine perdue: Diyarbakir, la capitale du Kurdistan de Turquie, a éclaté de joie à l'annonce des résultats préliminaires. Dans les rues, applaudissements, feux d'artifices et klaxons. Dans les locaux du HDP, on exulte. «Nous avons remporté une grande victoire (...) ceux qui veulent la liberté, la démocratie et la paix ont gagné, ceux qui veulent l'autoritarisme, qui sont arrogants et qui se considèrent comme les seuls détenteurs de la Turquie ont perdu», a déclaré le chef de file du HDP, Selahattin Demirtas depuis Istanbul.

Le scrutin, malgré l'inquiétude à la hauteur des enjeux, s'est déroulé dans le calme. Les incidents ont été très rares, à part dans la province d'Urfa, dans le sud du pays, où des militants locaux se sont brièvement affrontés. Les autorités avaient déployé pour les élections un dispositif policier particulièrement massif: plus de 400.000 membres de force de l'ordre ont été déployés sur le territoire, pour assurer la tenue d'un scrutin où quelque 53 millions de personnes étaient appelées à voter.

Selahattin Demirtas voulait une victoire nette pour éloigner les possibilités de fraude, très présentes dans cette campagne. Des voitures sans plaque minéralogique ont inquiété un temps les scrutateurs, avant que la police confirme qu'elles leur appartenaient. On redoutait aussi les pannes de courant, comme lors des élections locales de 2014, soi-disant causées par des chats indélicats.




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Source/Lien : Le Figaro



   
 
   
 
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