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Un moment historique pour Hollande au Karabakh
Publié le :

L'article de Rob Sobhani, Américain d'origine iranienne, ressemble à celui d'un vrai lobbyiste au service de l'Azerbaïdjan... Le peuple arménien du Haut-Karabagh n'acceptera jamais le retour sous la tutelle assassine de Bakou. Trop de pogroms ont été perpétrés à l'encontre des Arméniens. Et le président azéri Ilham Aliyev, décrit ici sous un jour angélique alors qu'il a pourtant été taxé par RSF de "prédateur des droits de l'homme", multiplie les déclarations belliqueuses et haineuses envers l'Arménie et les "Arméniens du monde entier".

Le Point.fr

Publié le 08/06/2015

Ancien professeur à l'université de Georgetown, Rob Sobhani estime que François Hollande peut concrétiser la paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Par ROB SOBHANI

Partout dans le monde, les Arméniens ont célébré récemment le centième anniversaire du génocide de leurs ancêtres dans l’Empire ottoman. Le président François Hollande s’est rendu en Arménie afin de rendre hommage et d’apporter son soutien moral aux nombreuses voix qui se font entendre face à des gouvernements qui n’ont pas encore reconnu le meurtre des Arméniens comme un génocide.

S’il est important pour la France de marquer avec solennité les événements tragiques de 1915, cet anniversaire constitue pour le président Hollande une occasion rare et historique de prendre l’initiative pour résoudre l’un des conflits les plus complexes de l’ex-Union soviétique ; c’est-à-dire, le « conflit gelé » qui oppose l’Azerbaïdjan et l’Arménie sur le territoire du Haut-Karabakh. En 1991, une véritable guerre a éclaté entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, et en dépit d’un cessez-le-feu en 1994, des tensions et des combats se poursuivent. Plus d’un million de personnes ont été déplacées suite au conflit, et aujourd’hui près de 20 % du territoire de l’Azerbaïdjan est occupé par les forces arméniennes.

La France, aux côtés de la Russie et des États-Unis, copréside le Groupe de Minsk qui est chargé de résoudre le conflit. Jusqu’à aujourd’hui, Moscou a considéré l’Arménie comme son porte-avions dans le Caucase. En outre, la Russie a fourni une aide militaire à l’Arménie, ce qui a eu pour effet de prolonger le conflit. Et malheureusement, Washington, trop préoccupé par la situation au Moyen-Orient, n’a pas su prendre l’initiative pour établir une paix durable entre Erevan et Bakou. Pourtant, l’Arménie et l’Azerbaïdjan méritent tous deux cette paix durable. Le président Hollande peut concrétiser le rêve d’un nouveau départ pour le peuple arménien et azéri en engageant une initiative diplomatique énergique visant à trouver une solution permanente pour les deux parties.

L'Arménie, un pays faible, vulnérable et enclavé

Faisant partie des rares pays ayant reconnu le meurtre des Arméniens comme un génocide, la France occupe une place privilégiée pour encourager l’Arménie à rechercher une paix durable avec son voisin de longue date, l’Azerbaïdjan. Le message du président Hollande au peuple arménien est très simple : le meilleur moyen de célébrer la mémoire des 1,5 million de victimes de l’Empire ottoman est de bâtir une Arménie vibrante, dynamique et solidaire, en paix avec ses voisins. Comme le Pr Arman Grigoryan l’a fait remarquer récemment dans le Washington Post, le règlement du conflit du Haut-Karabakh constitue un enjeu d’importance capitale pour l’Arménie, qui est faible, vulnérable et enclavée.

En effet, en dépit des millions de dollars qui continuent d’être injectés en Arménie par la diaspora arménienne, le PIB par habitant du pays ne progresse pas. Celui-ci s’élève aujourd’hui à 3 500 dollars et le PIB du pays, qui est de 10 milliards de dollars, est constitué en grande partie d’envois de fonds. En comparaison, l’économie de l’Azerbaïdjan croît à un taux annuel moyen de 20 %. Le PIB par habitant est trois fois plus élevé que celui de l’Arménie et le PIB s’élève à 76 milliards de dollars – sept fois celui de l’Arménie. Et même s’il est vrai que la croissance phénoménale de l’Azerbaïdjan est due en grande partie aux exportations énergétiques, il n’en demeure pas moins que cette croissance économique a permis à de nombreux Azéris de venir grossir les rangs de la classe moyenne. Selon le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), les taux de pauvreté ont chuté de 47 % à 8 %.

Malgré cette disparité économique, les dividendes de la paix seraient bénéfiques pour les deux pays dans la même mesure. Un règlement du conflit sous l’égide de la France permettrait de stimuler la croissance dans un contexte de sortie de conflit. Le commerce et les échanges économiques entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan – deux cultures où l’esprit d’entreprise est une valeur fondamentale – auraient un impact immédiat sur la vie de millions de personnes.

« Il est bien plus facile de faire la guerre que la paix »

Georges Clemenceau a dit un jour : « Il est bien plus facile de faire la guerre que la paix. » Le président Hollande peut réfuter cette maxime en présentant le projet d’accord de paix suivant. Tout d’abord, le retrait immédiat et inconditionnel de toutes les forces arméniennes des territoires occupés en Azerbaïdjan. Deuxièmement et en échange de ce retrait, l’Azerbaïdjan accepte de construire une extension à sa conduite de gaz pour l’exportation en Europe qui traverserait l’Arménie. Ces livraisons de gaz peuvent être coordonnées par des sociétés françaises comme Total ou GDF. Troisièmement, inciter les deux parties à accorder le plus haut degré d’autonomie à la région du Haut-Karabakh : privés d’indépendance, les Arméniens vivant dans la province du Haut-Karabakh auraient une autonomie totale par rapport à Bakou. Les troupes françaises seraient déployées dans le Haut-Karabakh en tant que force de maintien de la paix, et le coût de cette opération serait financé par l’Azerbaïdjan, bien pourvu en liquidités. Quatrièmement, la création d’un fonds Arménie-Azerbaïdjan à l’appui de la réconciliation et de la reconstruction basé à Paris, qui investirait dans des projets d’infrastructures entre les deux pays, comme un train à grande vitesse qui irait de Bakou au Nakhitchevan en traversant l’Arménie. Et cinquièmement, la création d’un fonds interculturel dirigé par la première dame d’Azerbaïdjan, Mehriban Aliyeva, et la première dame d’Arménie, Rita Sargsyan, avec pour objectif explicite de faire renaître la tolérance religieuse qui existait entre les Arméniens et les Azéris avant 1991. Et enfin, la création d’un partenariat franco-russe en vue de bâtir une usine nucléaire sûre et fiable en Arménie, qui remplacerait l’ancienne usine de l’époque soviétique de Metsamor, pour laquelle l'Union européenne a exprimé ses inquiétudes en matière de sécurité.

Le président Ilham Aliyev jouit d’une grande popularité à l’intérieur de ses frontières et est en mesure d’apporter une paix juste pour les deux parties. Un élément déterminant sera la capacité de l’Arménie et du président Hollande de convaincre le président Sargsyan que la France ne tournera jamais le dos à Erevan. En proposant un ensemble de mesures d’aide cohérentes, claires et pleinement financées pour soutenir le redressement de l’économie en période post-conflit, le président Hollande montre à son homologue arménien que la paix entre les deux pays est au cœur des intérêts de l’Arménie.

Le survivant de l’Holocauste Elie Weisel a dit un jour que « la paix n’est pas le cadeau de Dieu à ses créatures ; la paix est notre cadeau les uns aux autres ». En occupant la place d’un dirigeant de premier plan, le président Hollande peut faire cadeau de la paix à l’Arménie et à l’Azerbaïdjan.

* Ancien professeur à l'université de Georgetown, Rob Sobhani, Américain d'origine iranienne, est aujourd'hui chef d'entreprise. En 2012, il fut candidat indépendant dans le Maryland pour les élections sénatoriales.




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Source/Lien : Le Point.fr



   
 
   
 
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