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Erdogan, le calife mégalo
Publié le :

L'Humanité

Hassane Zerrouky
Lundi, 8 Juin, 2015

Le parti de gauche HDP aurait franchi la barre des 10 % et empêcherait de ce fait le chef de l’État de se doter dÂ’une constitution sur mesure.

«Ils disent que si Erdogan obtient ce quÂ’il veut dimanche, on ne pourra plus lÂ’arrêter. En réalité, ils veulent dire que lÂ’on ne pourra plus arrêter la Turquie. » Ce propos du président turc tenu samedi lors dÂ’un meeting dans le nord-est du pays résume lÂ’ambition dÂ’un homme qui veut devenir le fondateur de la Turquie nouvelle, plutôt conservatrice, à lÂ’opposé de celle créée par Mustafa Kemal, dit Atatürk, qui avait aboli le califat ottoman. Une Turquie où, selon le politologue turc Ahmet Insel, Tayyip Erdogan « se prépare à occuper la place du père fondateur » mais sans chercher à sÂ’y identifier (1). Et justement, le 28 août, pour marquer sa différence, le président turc, fraîchement investi par le Parlement après son élection (52 %) dès le premier tour à l’élection présidentielle du 10 août, a écrit sur le livre dÂ’or du tombeau dÂ’Atatürk ces lignes : « Je commence ma fonction en tant que premier président élu par le peuple dans lÂ’histoire turque. AujourdÂ’hui, la Turquie a recouvré son âme et son esprit. AujourdÂ’hui, la Turquie renaît de ses cendres. » Une différence quÂ’il a tenu à souligner par un geste fort dans la soirée du 10 août, juste après lÂ’annonce des résultats du scrutin présidentiel, en allant prier à la mosquée dÂ’Eyüp, du nom du compagnon du prophète de lÂ’islam tombé durant le premier siège de Constantinople au VIIe siècle, là où tous les sultans ottomans venaient prêter serment après leur intronisation.

Le palais présidentiel (1 000 bureaux et pièces) a coûté 278 millions dÂ’euros

En effet, Tayyip Erdogan, soixante ans, dont onze au pouvoir, caresse le rêve de garder les rênes du pouvoir jusqu’en 2023, année du centenaire de la fondation de la Turquie moderne. Après Mehmet Al Fatih (XVe siècle), le conquérant de Constantinople, Soliman le Magnifique (XVIIe siècle), puis Mustafa Kemal, des hommes dont les règnes et la gouvernance ont été marqués d’une main de fer, le chef de l’État veut à son tour marquer de son empreinte autoritaire et mégalomaniaque l’histoire.

Ainsi en est-il de la construction pharaonique du palais présidentiel, aussi vaste que le château de Versailles (voir lÂ’Humanité du 7-8 mars), avec ses 1 000 bureaux et pièces dÂ’un coût total de 278 millions dÂ’euros, avec son monumental escalier sur lequel se tiennent seize gardes habillés en guerriers d’époque symbolisant les seize empires et États turco-mongols depuis Attila jusquÂ’aux Ottomans ! Celui que le dirigeant du Parti démocratique du peuple (HDP) Selahattin Demirtas compare à « Ibrahim le Fou » (sultan ottoman de 1615 à 1648) a même à son service un goûteur pour le protéger de toute menace dÂ’empoisonnement ! SÂ’inspirant des califes ottomans, qui avaient marqué leur règne par la construction d’édifices religieux grandioses, Erdogan est en train de bâtir sur la rive du Bosphore la plus grande mosquée du monde.

Le 29 mai, jour de célébration du 562e anniversaire de la conquête de Constantinople, en pleine campagne électorale, Tayyip Erdogan, flanqué de son premier ministre, Ahmet Davutoglu, aura vécu un autre moment dÂ’instrumentalisation dÂ’un passé magnifié à outrance ! « Les élections du 7 juin seront une nouvelle conquête, si Dieu le veut », a-t-il lancé aux centaines de milliers de personnes rassemblées à ­Yenikapi, à Istanbul.

La conquête, à savoir faire élire au moins 370 députés de son parti lui permettant de modifier la Constitution, s’avère un peu plus compliquée. Et bien qu’ébranlé par les protestations massives des jeunes de Taksim en 2013 et les scandales de corruption, Tayyip Erdogan, l’homme qui a concilié l’islam et l’affairisme, n’a cure des critiques. Il est partout, multiplie les sorties sur le terrain, et brocarde tout ce qui se met en travers de ses ambitions califo-ottomanes.

Dans son collimateur, les réseaux sociaux et les médias. Le 16 mai, pour avoir titré « La peine de mort avec 52 % des voix » à propos de lÂ’ex-président égyptien Mohamed Morsi, dont la photo et celle dÂ’Erdogan figuraient côte à côte, le quotidien Hurriyet a été accusé de suggérer que le chef de l’État turc (élu avec 52 % de voix) pourrait subir le même sort que son ex-homologue égyptien ! Une plainte a été déposée contre la direction du journal. Autre quotidien épinglé, Cumhuriyet du 29 mai, qui a publié des photos et une vidéo sur son site Web montrant une livraison dÂ’armes aux djihadistes syriens convoyée par des camions appartenant au MIT (services secrets turcs) ! Le journal a été aussitôt attaqué en justice pourÂ… terrorisme ! Et ce, sans compter le blocage de temps à autre de Twitter, Facebook et YouTube, les opérations coups de poing contre le journal Zaman et la chaîne TV Samanyolu, proches du prédicateur et ennemi juré dÂ’Erdogan, Fethullah Gülen. « Nous les poursuivrons encore jusque dans leurs repaires », déclarait-il en décembre dernier. Ainsi en est-il des cinq juges radiés le 5 mai pour avoir enquêté sur les affaires de corruption ayant éclaboussé en 2013 ses proches, et qui sÂ’en vont grossir les rangs de ces centaines de magistrats et policiers déjà révoqués, et de la prise du contrôle de la banque Asya, détenue par les proches de Gülen, par les autorités turques ! Autre facette du personnage, ce propos à lÂ’adresse des femmes revendiquant l’égalité : « Vous ne pouvez pas leur demander de sortir et de creuser le sol, cÂ’est contraire à leur nature délicate », avant de leur recommander « au nom de la décence de ne pas rire à gorge déployée » !

«Ils disent que si Erdogan obtient ce quÂ’il veut dimanche, on ne pourra plus lÂ’arrêter. En réalité, ils veulent dire que lÂ’on ne pourra plus arrêter la Turquie. » Ce propos du président turc tenu samedi lors dÂ’un meeting dans le nord-est du pays résume lÂ’ambition dÂ’un homme qui veut devenir le fondateur de la Turquie nouvelle, plutôt conservatrice, à lÂ’opposé de celle créée par Mustafa Kemal, dit Atatürk, qui avait aboli le califat ottoman. Une Turquie où, selon le politologue turc Ahmet Insel, Tayyip Erdogan « se prépare à occuper la place du père fondateur » mais sans chercher à sÂ’y identifier (1). Et justement, le 28 août, pour marquer sa différence, le président turc, fraîchement investi par le Parlement après son élection (52 %) dès le premier tour à l’élection présidentielle du 10 août, a écrit sur le livre dÂ’or du tombeau dÂ’Atatürk ces lignes : « Je commence ma fonction en tant que premier président élu par le peuple dans lÂ’histoire turque. AujourdÂ’hui, la Turquie a recouvré son âme et son esprit. AujourdÂ’hui, la Turquie renaît de ses cendres. » Une différence quÂ’il a tenu à souligner par un geste fort dans la soirée du 10 août, juste après lÂ’annonce des résultats du scrutin présidentiel, en allant prier à la mosquée dÂ’Eyüp, du nom du compagnon du prophète de lÂ’islam tombé durant le premier siège de Constantinople au VIIe siècle, là où tous les sultans ottomans venaient prêter serment après leur intronisation.




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Source/Lien : L'Humanité



   
 
   
 
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