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Les enfants, premières victimes des évacuations de campements roms
Publié le : 15-06-2015

Le Monde

Textes : Lucie Soullier

Un caddie, des pommes éparpillées, et une petite chaussure... Les abords du chemin Napoléon témoignent du départ précipité des vingt familles installées jusqu'alors à Hellemmes, dans le Nord. Mercredi 3 juin, la police est venue évacuer le campement rom.

Les premières caravanes s'étaient installées il y a cinq ans. D'autres les avaient rejoints, en 2012, après le démantèlement d'un camp voisin. Mercredi matin, ce sont environ 80 personnes qui ont été ramenées à l'entrée du chemin, juste devant la butte de gravas censée les empêcher de se réinstaller. Leurs cabanes ont été détruites et leurs caravanes confisquées pour s'en assurer.

"L'Etat a des responsabilités vis-à-vis des enfants qui sont sur son territoire", dénonce Françoise Szybowicz, bénévole de l’Atelier solidaire. Samedi dans les Yvelines et lundi dans le Nord, deux enfants sont morts dans l’incendie de leurs caravanes, rappelant les conditions de vie déplorables dans lesquels ils survivent. Selon le rapport de l’Unicef publié mardi, 9 000 mineurs peuplent les bidonvilles de France.

Avant le démantèlement, Mme Szybowicz faisait la lecture à ceux du chemin Napoléon dans une bibliothèque improvisée. Comme d'autres associations, elle dénonce la violence d'une évacuation arrivée "par surprise". Surtout pour les 44 enfants de moins de 16 ans poussés sur les routes un jour d'orage.

De son côté, la préfecture du Nord répond avoir coché toutes les cases de la légalité, brandissant un diagnostic social et une décision de justice à appliquer. Les enfants ? Rien de particulier à ajouter. Les familles roms s'inscrivent dans le même dispositif d'urgence que les autres, rappellent les autorités de l'Etat. "Ils peuvent faire appel au 115." D’ailleurs, l'une des familles a été logée quelques nuits dans un hôtel après le démantèlement, notamment pour protéger un enfant de quatre semaines. Et les autres, où ont-ils trouvé refuge depuis l'évacuation ?

"C'est Ubu roi"

Après deux nuits sur les pistes cyclables du boulevard à l'entrée du chemin interdit, ils pensaient avoir trouvé la solution à Ronchin, une ville voisine. Raté, le maire était là pour leur refuser l'entrée. Après un aller-retour infructueux, les voilà revenus dimanche sur le fameux chemin dont ils viennent d'être expulsés. Car les autorités leur ont demandé de s'y réinstaller, le boulevard étant trop dangereux, explique Bruno Mattéi, bénévole de l'association ATD Quart Monde. "C'est Ubu roi."

Par crainte de "police, dégage", répète Florin, l’un des Roms évacués, ils sont finalement partis dans la nuit de dimanche à lundi. Depuis, certains sont introuvables. D'autres vivent cachés, à quelques kilomètres de là.

Il faut grimper sur un talus pour les trouver, terrés dans une zone en friche de Villeneuve-d'Ascq. Sans eau, ni électricité, ni rien du tout. Une petite jungle, tant le parallèle avec Calais paraît évident. Sauf qu'ici, au milieu des treize tentes données par l'association Areas, courent près de quinze enfants.

"Moi j'en ai eu seulement deux." Maria Roxana compte le nombre de ses évacuations vécues à 16 ans. Deux, seulement. C'est comme ça qu'elle le voit. Lorsqu'elle compare avec les autres, ce n'est pas tant que cela. Ce qui l'inquiète un peu plus, c'est de devoir changer d'école. "Je connais tout le monde, je suis bien là." Elle l'était, en tout cas. Car comme les treize enfants scolarisés du chemin évacué, elle ne va plus à l'école depuis mercredi dernier. Et si ses parents devaient partir précipitamment dans la journée ?

Une inquiétude partagée par Ioan. Impossible pour lui de se séparer de ses six enfants, répartis dans deux tentes au milieu des broussailles. Veste de l'équipe de France sur le dos, il frissonne en évoquant le petit garçon mort la veille dans l'incendie d'un campement lillois. Il demande "combien ?" Quatre ans. Endormie dans la tente derrière lui, sa dernière fille est à peine plus jeune. Pour l'instant, tout ce qu'il espère, c'est pouvoir la protéger des rats. Sur le chemin Napoléon, il pouvait clouer des planches pour tenter de leur échapper. Mais ici, sans bennes pour jeter les poubelles, "ils vont arriver bientôt".

Mais bientôt, Ioan ne sera déjà plus là. Car ici non plus, ils ne sont pas les bienvenus. "Deux ans après, ça va recommencer", soupire un riverain, excédé par le retour de ceux qu'il avait eu tant de mal à déloger. En 2012, à quelques pas de là, un camp avait déjà été évacué. Maria Roxana y avait connu sa première évacuation. Face aux tensions avec les voisins, la police est à nouveau intervenue lundi soir. Et de trois pour Maria Roxana.

"Moi j'en ai eu seulement deux." Maria Roxana compte le nombre de ses évacuations vécues à 16 ans. Deux, seulement. C'est comme ça qu'elle le voit. Lorsqu'elle compare avec les autres, ce n'est pas tant que cela. Ce qui l'inquiète un peu plus, c'est de devoir changer d'école. "Je connais tout le monde, je suis bien là." Elle l'était, en tout cas. Car comme les treize enfants scolarisés du chemin évacué, elle ne va plus à l'école depuis mercredi dernier. Et si ses parents devaient partir précipitamment dans la journée ?

Une inquiétude partagée par Ioan. Impossible pour lui de se séparer de ses six enfants, répartis dans deux tentes au milieu des broussailles. Veste de l'équipe de France sur le dos, il frissonne en évoquant le petit garçon mort la veille dans l'incendie d'un campement lillois. Il demande "combien ?" Quatre ans. Endormie dans la tente derrière lui, sa dernière fille est à peine plus jeune. Pour l'instant, tout ce qu'il espère, c'est pouvoir la protéger des rats. Sur le chemin Napoléon, il pouvait clouer des planches pour tenter de leur échapper. Mais ici, sans bennes pour jeter les poubelles, "ils vont arriver bientôt".

Mais bientôt, Ioan ne sera déjà plus là. Car ici non plus, ils ne sont pas les bienvenus. "Deux ans après, ça va recommencer", soupire un riverain, excédé par le retour de ceux qu'il avait eu tant de mal à déloger. En 2012, à quelques pas de là, un camp avait déjà été évacué. Maria Roxana y avait connu sa première évacuation. Face aux tensions avec les voisins, la police est à nouveau intervenue lundi soir. Et de trois pour Maria Roxana.


En savoir plus sur :
http://www.lemonde.fr/societe/visuel/2015/06/11/les-enfants-premieres-victimes-des-evacuations-de-campements-roms_4651365_3224.html#qWhMfGvywjV7FwIM.99




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Source/Lien : Le Monde



   
 
   
 
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