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Les revers d’Erdogan et les conséquences sur la situation en Syrie
Publié le : 17-06-2015

L'Orient le Jour

Décryptage

Scarlett HADDAD | OLJ

17/06/2015

Tout développement en Syrie est scruté à la loupe au Liban et fait l'objet d'une multitude d'analyses, souvent tributaires des options politiques. C'est ainsi que la victoire des Kurdes à Tall Abyad, à la frontière syro-turque, suscite de nombreux commentaires et est suivie avec intérêt. Pour ceux qui appuient le régime syrien et l'axe dit de la résistance, cette soudaine victoire ne peut pas être dissociée de la situation globale en Turquie et du dernier camouflet électoral essuyé par le président Recep Tayyip Erdogan, qui, avant les élections législatives, briguait les deux tiers des sièges parlementaires, alors qu'il n'a obtenu que 40,7 % des suffrages, c'est-à-dire moins de la moitié.

Des sources diplomatiques arabes estiment à cet égard que les Américains ne seraient pas totalement étrangers à cet échec retentissant du président lui-même et de son parti, au pouvoir depuis plus de douze ans. Pour ces sources, à la veille de la tenue des élections, une bombe a été lancée au cours d'un meeting électoral dans la région kurde à Diyarbakir (Sud). L'objectif de cet acte odieux était de susciter la révolte des Kurdes et d'entraîner des émeutes qui aboutiraient au report des élections dans cette province qui est le véritable réservoir des voix kurdes.

Mais l'armée et la police, qui restent assez proches des Américains et sont hostiles à la tendance islamiste du pouvoir actuel turc, auraient refusé tout report du scrutin, estimant que la situation dans la province est sous contrôle. Et c'est ainsi que les élections ont eu lieu dans un climat de mobilisation kurde extrême. Cela aurait largement contribué à donner au parti kurde (HDP) plus de 12 % des voix, lui ouvrant ainsi la voie du Parlement avec 80 sièges. En même temps, cette percée du parti kurde a favorisé le coup porté au président Erdogan.

Aujourd'hui, celui-ci se trouve dans une quasi-impasse : soit il parvient à conclure une alliance avec un des trois partis de l'opposition (qui poseront forcément des conditions pour participer au nouveau gouvernement), soit il cède le pouvoir à une coalition des trois partis de l'opposition, ce qui reste assez difficile sachant que ces trois partis sont assez divergents sur des questions de fond, soit il organise des élections législatives anticipées, qui risquent de réduire encore plus son assise au Parlement.

Il a en tout cas un délai de 45 jours pour former un gouvernement ou pour choisir une des autres options qui lui restent. Les sources diplomatiques arabes précitées estiment que le président turc et son parti pourraient mettre à profit ce délai pour intensifier leur politique agressive contre la Syrie et chercher ainsi à créer un nouveau fait accompli décisif sur le terrain, dans le sillage de la prise de Jisr el-Choughour, dans le nord de la Syrie, par « l'Armée du Fateh », une nouvelle structure de l'opposition syrienne essentiellement formée de la fusion de combattants du Front al-Nosra et d'autres groupes, et dont le nom est inspiré du sultan ottoman Mehmet II Fatih, qui a conquis Constantinople en 1453.
On parle ainsi de la préparation d'une nouvelle offensive, soit à Alep, soit à Homs, pour menacer directement le régime syrien et permettre à la Turquie ou bien d'établir la fameuse zone d'influence qu'elle réclame depuis bientôt quatre ans dans le nord de la Syrie, ou bien d'avoir directement son mot à dire dans tout examen ultérieur du dossier syrien par les États-Unis et leurs alliés d'une part, l'Iran et ses alliés de l'autre.

Or, c'est justement à ce moment précis, et alors que le régime turc croit pouvoir profiter du délai constitutionnel qui lui est imparti pour obtenir des acquis sur le terrain syrien, que les combattants kurdes parviennent à déloger les combattants de l'opposition syrienne appuyés par la Turquie de la ville frontalière de Tall Abiad. Depuis la bataille de Kobané, il y a quelques mois, il est clair que les combattants kurdes bénéficient d'un appui discret mais sûr de la part des États-Unis, qui avaient déjà stoppé l'avancée du groupe État islamique en Irak, lorsque cette organisation s'était approchée de la zone kurde. La prise de Tall Abyad serait donc d'une certaine façon, selon les sources diplomatiques arabes précitées, un message adressé par les Américains au régime turc de ne pas dépasser certaines lignes rouges.

Cela ne signifie certes pas que les États-Unis ont soudain décidé d'appuyer le régime syrien contre l'opposition, mais plutôt qu'ils seraient quelque part en train de régler de vieux comptes avec le président turc. Cette approche pourrait n'être qu'un point de vue arabe un peu compliqué, voire tiré par les cheveux, mais il est certain que les développements en Turquie ont un impact direct sur la situation en Syrie, d'autant que l'immense frontière entre les deux pays a été pendant quatre ans la principale voie d'approvisionnement en hommes et en armes des différents groupes de l'opposition syrienne. Les résultats des élections législatives devraient donc forcément avoir une influence sur l'approche turque du dossier syrien. Mais jusqu'à l'expiration du délai de 45 jours, le pouvoir turc avait en principe les mains libres. Jusqu'à la prise de Tall Abyad par les Kurdes ?




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Source/Lien : L'Orient le Jour



   
 
   
 
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