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Qu’aurait dit aujourd’hui Martin Luther King à Barack Obama ?
Publié le : 19-06-2015

L'Orient le Jour

19/06/2015
Brice LAEMLE

Dans la mémoire collective, le souvenir de Martin Luther King, rêveur protéiforme, est lié à son « I Have a Dream », prononcé le 28 août 1963. Mais l'héritage de MLK ne se réduit pas à ce mythique discours. Une biographie de Sylvie Laurent se penche sur le destin, (souvent) inconnu et (parfois) occulté, du King. À lire et relire, à l'heure où les problèmes raciaux aux États-Unis redoublent d'intensité.

Qu'aurait bien pu déclarer Martin Luther King Jr. au lendemain de la dramatique attaque terroriste raciste qui a eu lieu au sein de l'église de Charleston en Caroline du Sud, la énième en quelques mois ? Qu'aurait-il dit pour soulager la douleur des familles de ces neuf Noirs américains qui ont perdu la vie à cause de la couleur de leur peau ?

À n'en pas douter, il n'aurait fait preuve d'aucune mansuétude à l'égard d'un autre prix Nobel de la paix, le premier président américain noir Barack Obama. Martin Luther King n'aurait signé aucun chèque en blanc aux démocrates, pas plus qu'il n'en avait fait aux Kennedy et à Lyndon Johnson. C'est ce qu'on s'imagine à la lecture de ce passionnant ouvrage, Martin Luther King, une biographie (Seuil), de Sylvie Laurent. La pensée du pasteur d'Atlanta résonne toujours aussi fort près de cinquante ans après sa disparition et n'a rien perdu en acuité. Le combat du King est loin d'être terminé. Après (presque) deux mandats consécutifs de Barack Obama, les problèmes raciaux sont loin d'être réglés aux États-Unis. Les Noirs ont toujours six fois plus de chance d'être incarcérés. Ils sont toujours la cible d'attaques racistes et des discriminations, qu'elle soit policière ou à l'embauche.

Arme de conviction massive

On connaît le pasteur américain pour sa lutte acharnée contre la ségrégation raciale, moins pour sa pensée révolutionnaire et profondément sociale. Les discours de cet apôtre de la décolonisation dénoncent un capitalisme qui brise les hommes, le militarisme et l'impérialisme américain. Il n'aurait sûrement pas modifié une virgule de son texte en 2015, même s'il se remettait perpétuellement en question. En prenant pleinement conscience de la richesse des questionnements de Martin Luther King, son aspect subversif et radical ressurgit, démultiplié à l'aune des problèmes sociétaux actuels.

Issu d'une famille aisée d'Atlanta, fils et petit-fils de pasteur, Martin Luther King Jr. veut moderniser la religion chrétienne. Pour lui, il est impératif d'agir, car croire ne fait pas tout. Mais comment faire évoluer son Sud natal, rongé par des décennies de racisme ? Dans les États-Unis des années 50, il est inimaginable que deux personnes de couleurs différentes voyagent dans la même voiture, jouent aux cartes ou se parlent dans la rue. 44 % des Américains affirment alors vouloir déménager si un Noir s'installe dans leur voisinage. Adepte de la non-violence comme stratégie politique et comme philosophie de vie, Martin Luther King prône la désobéissance civile et picore dans la pensée marxiste pour écrire ses sermons et ses évangiles sociaux.

Haï par des milliers de ségrégationnistes et considéré comme trop timoré par les Black Panthers, il est contesté de toute part. Souvent en confrontation avec Malcolm X qui estime que l'Amérique est corrompue et que la violence est légitime, les deux icônes de la cause noire américaine ne se serreront la main qu'une seule et unique fois. Cette marche irréductible vers l'égalité qui dure près de quinze ans ne se fait pas sans douleurs, ni doutes.

« Le Noir le plus dangereux »

Le pasteur baptiste est arrêté par la police et emprisonné à trente reprises. Harcelé, persécuté par les services de renseignements américains, il est espionné par le FBI qui le considère comme le « Noir le plus dangereux du pays » car il bouscule l'ordre préetabli. MLK est aussi victime de menaces de mort récurrentes et échappe à plusieurs attentats des suprématistes du Ku Klux Klan. Les pressions et les rumeurs distillées afin de détruire son couple se font quotidiennes. Frappé au visage par un nazi américain, poignardé par une déséquilibrée, il refusera toujours de condamner ou de répondre à ses agresseurs.

Mais l'homme n'est pas un superhéros : il est meurtri par les attaques multiples qu'il subit. Martin Luther King traverse alors des épisodes de dépressions lourdes – dans sa jeunesse, il avait déjà fait deux tentatives de suicide... Et il est hospitalisé à plusieurs reprises pour crises de fatigue et d'angoisses.

Inspiré par les philosophes Hegel et Thoreau, mais aussi par la pensée tiers-mondiste portée par Frantz Fanon, Martin Luther King s'estime « en guerre contre l'injustice et le mal ». Le militant des droits civiques dénonce les abus du capitalisme et s'insurge contre un matérialisme qu'il qualifie de « grossier ». Avec la « campagne des pauvres », imaginée quelques mois avant son assassinat en 1968, Luther King veut que l'Amérique « voie ses pauvres ». La couleur de peau du pauvre n'a pas d'importance pour lui, seul le statut au sein de la société compte. Il souhaite ainsi créer « un nouvel esprit d'harmonie entre les races et les classes ». Un idéal qui va être, à coup sûr, au cœur de la campagne présidentielle américaine de 2016.

*Disponible à la librairie Antoine.




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Source/Lien : L'Orient le Jour



   
 
   
 
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