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Belgrade réclame Naser Oric à la Suisse
Publié le : 23-06-2015

Le Temps

Mardi 23 juin 2015

Luis Lema

Alors qu’approche le vingtième anniversaire du massacre, la Serbie se montre décidée à juger l’ancien commandant bosniaque de Srebrenica

Le suspense n’aura pas duré longtemps. La Serbie réclame bien à la Suisse l’extradition de Naser Oric, cet ancien commandant bosniaque de la région de Srebrenica, arrêté à la douane suisse et incarcéré depuis le 10 juin dans la prison genevoise de Champ-Dollon.

L’envoi de cette requête d’extradition, dont la réception a été confirmée au Temps par l’Office fédéral de la Justice (OFJ), n’est pas à proprement parler une surprise: en Serbie, les responsables politiques – au premier rang desquels le premier ministre Aleksandar Vucic – ont rivalisé de déclarations tonitruantes ces derniers jours pour affirmer qu’il était «exclu» que la Serbie renonce à cette extradition.

Considéré comme un héros en Bosnie pour son rôle joué dans l’enclave de Srebrenica durant les guerres en ex-Yougoslavie, Naser Oric pourrait se trouver encore en Suisse le 11 juillet prochain, lorsque auront lieu les commémorations liées au vingtième anniversaire du massacre qui coûta la vie à plus de 8000 Bosniaques, systématiquement tués par les troupes serbes de Bosnie. Cette arrestation a soudain tendu de manière dramatique les relations entre la Serbie et la Bosnie. Tandis qu’il était question qu’Aleksandar Vucic participe aux commémorations de Srebrenica dans un geste de réconciliation, plus personne n’y songe aujourd’hui.

Longue procédure

Ce sera maintenant au Ministère public du canton de Genève d’entendre Naser Oric à propos de la demande d’extradition serbe. Mais la procédure, et les possibilités de recours, pourraient durer plusieurs mois. Lundi, le fils de l’ancien commandant est allé lui rendre visite en prison. Le maire de Srebrenica, Camil Durakovic, qui était venu à Genève avec Naser Oric pour participer à des événements liés à la commémoration, est reparti dans sa petite ville, qui attend l’arrivée de dizaines de dignitaires politiques de haut rang le 11 juillet.

La Serbie est devenue coutumière de ce type de demandes d’extradition visant ses anciens ennemis. Jusqu’ici, aucun Etat (Autriche, Grande-Bretagne mais aussi Russie, Grèce ou plusieurs pays latino-américains) n’a cependant répondu à ses demandes. Belgrade affirme avoir constitué un dossier à charge contre Naser Oric à propos d’événements survenus en juillet 1992 à Zalazje, un village où ont été tués neuf civils serbes.

Naser Oric a été acquitté en 2008 par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Et l’avocat Guénaël Mettraux, qui a représenté plusieurs inculpés devant des juridictions pénales internationales, est formel: «Ces faits (que veut juger le parquet serbe) ont déjà été soumis à enquête au TPIY. Mais, faute de preuves suffisantes, ils ont été écartés et pas même soumis à poursuite.»

Détail piquant: c’est l’ancienne procureure suisse au TPIY, Carla del Ponte, qui avait décidé à l’époque de classer les événements survenus dans le village de Zalazje. Mais aujourd’hui, elle semble étonnamment se montrer plutôt favorable à l’extradition de Naser Oric (LT du 16 juin 2015).

La Bosnie dispose de son propre tribunal pour juger les crimes de guerre commis sur son sol pendant la guerre. Bien que les deux ex-républiques yougoslaves aient conclu un accord de coopération en la matière, le procureur serbe Vladimir Vukcevic a toutefois exclu que Naser Oric puisse être jugé en Bosnie, au motif que cela pourrait «compromettre la sécurité des témoins».

Demandes «rivales»

A la suite d’informations parues dans la presse de Bosnie, le porte-parole de l’Office fédéral de la Justice, Folco Galli, n’écartait pas l’idée que le parquet national de Bosnie puisse demander à son tour qu’on lui remette Naser Oric, afin qu’il soit jugé dans son propre pays et non, comme le note une source proche du dossier, «par ceux-là mêmes qui rêvaient autrefois de l’assassiner».

Dans ce cas-là, soit dans l’éventualité de deux demandes d’extradition «rivales», la pratique voudrait que l’ancien commandant bosniaque soit plutôt remis à la Bosnie. Comme le souligne le porte-parole, «le lieu de la perpétration du crime joue un rôle important dans la décision sur l’Etat dans lequel l’extradition aura lieu.»




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Source/Lien : Le Temps



   
 
   
 
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