Aujourd'hui : Jeudi, 19 juillet 2018
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
Le Collectif VAN, partenaire du Festival de Douarnenez 2016
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
Après Charleston, l’examen de conscience de l’Amérique
Publié le : 26-06-2015

La Croix

25/6/15

Barack Obama est attendu vendredi 26 juin à Charleston, où il prononcera l’éloge funèbre du pasteur Clementa Pinckney.

La tuerie de l’Emanuel African Methodist Episcopal Church suscite de nombreuses réflexions sur la réalité du racisme aujourd’hui aux États-Unis.

Le combat passe par des mesures symboliques comme le retrait du drapeau confédéré, mais aussi par la reconnaissance politique du chemin à parcourir.

« Pourquoi pareille haine ? » Depuis dix jours, l’Amérique en deuil s’interroge. À l’image des attentats du 11 septembre 2001, la tuerie de l’Emanuel African Methodist Episcopal Church de Charleston a provoqué, outre l’effroi et l’horreur, un vaste débat sur les origines d’une telle violence. Le débat est d’autant plus animé qu’il s’agit, cette fois-ci, d’un mal venu de l’intérieur, nourri par l’Amérique et sa culture.

Ces prochains jours, les mots des uns et des autres seront écoutés avec attention. Car les obsèques des neuf victimes, qui ont débuté jeudi, sont l’occasion se rendre hommage, mais aussi de poursuivre une réflexion, sinon un examen de conscience, jusqu’aux plus hauts sommets de l’État. Barack Obama est ainsi attendu vendredi 26 juin en Caroline du Sud, où il prononcera l’éloge funèbre du pasteur Clementa Pinckney.

« NOUS NE SOMMES PAS GUÉRIS DU RACISME »
Quelques jours après la fusillade, il avait dressé un premier constat, évoquant le poids d’une histoire à l’ombre portée toujours présente. Une histoire encore récente : la ségrégation a eu cours dans le Sud jusqu’en 1964, date officielle de son interdiction. Et il aura fallu attendre trois ans pour qu’en 1967 la Cour suprême interdise les lois bannissant le mariage mixte.

« Nous ne sommes pas guéris du racisme », a reconnu celui dont l’élection, en 2008, avait été saluée dans le monde entier comme le signe que l’Amérique avait changé, quarante ans après l’assassinat de Martin Luther King. « L’héritage de l’esclavage, de la ségrégation raciale… cela a un impact durable et cela fait toujours partie de notre ADN », a ajouté Barack Obama.

L’HEURE « POST-RACIALE »
Comment alors tirer un trait sur une partie de l’ADN américain ? Comment en finir avec le racisme, du plus banal, au jour le jour, au plus meurtrier ? Pour beaucoup, la première étape consiste d’abord, comme l’a fait le locataire de la Maison-Blanche, à reconnaître que l’Amérique n’a pas encore, malgré des progrès incontestables, accompli le rêve de Martin Luther King.

Un constat qui ne va pas de soi dans un pays où il est de plus en plus admis que l’heure « post-raciale » est advenue. Ce phénomène est à l’origine, par exemple, des initiatives multiples qui, ces dernières années, ont peu à peu sapé la discrimination positive, mise en place dans les années 1960.

UN RACISME TOUJOURS BIEN VIVANT
Or le racisme est toujours bien vivant. Pour preuve, le regain d’activité des organisations haineuses, de type Ku Klux Klan. Après la tuerie de Charleston, le Southern Law Poverty Center, un organisme qui surveille l’activité des mouvements d’extrême droite et lutte contre le racisme dans les institutions américaines, a rappelé avoir constaté depuis l’an 2000 une hausse du nombre de ces groupes.

« Bien que cette tendance se soit légèrement inversée ces deux dernières années, les chiffres demeurent à un niveau élevé, poursuivait son président, Richard Cohen. Ce phénomène est dû à une réaction à la diversité raciale croissante de notre pays, symbolisée par la présence d’un Afro-Américain à la Maison-Blanche. »

LE SUD DES ÉTATS-UNIS, UN CAS À PART
Ensuite, il s’agit d’analyser le rapport des États-Unis à leur propre histoire, notamment dans le Sud, où la tragédie – et ce n’est pas un hasard – a été commise. « Ça ne suffit pas de dire que Dylan Roof était animé par la haine, comme ça ne suffisait par en 2001 pour parler d’Al-Qaïda, explique Kevin Levin, un historien spécialiste de la guerre de Sécession. Cette haine a une origine, et Roof l’a formulée de manière très explicite. Elle s’est construite, en grande partie, sur une certaine compréhension du passé et est emballée dans l’imagerie des États confédérés. En tant que nation, nous avons la responsabilité de nous attaquer à cette origine. »

Or ce passé est encore très présent dans le Sud, où les figures du combat en faveur de l’esclavage restent omniprésentes. Des enfants, blancs et noirs, vont dans des écoles portant le nom des officiers qui ont défendu, sabre au poing, l’esclavage.

Sur Monument Avenue, principale rue de Richmond, capitale de la Virginie, s’alignent toujours les statues du Général Lee, de Stonewall Jackson, l’un de ses officiers les plus célèbres, ou encore de Jefferson Davis, président des États confédérés. L’ajout, en 1996, d’une statue d’Arthur Ashe, tennisman noir natif de la ville, ne modifie guère l’allure générale de la large avenue, encore moins son équilibre…

LE RETRAIT DU DRAPEAU CONFÉDÉRÉ
Le Sud doit faire son examen de conscience. Depuis la tragédie, les premières mesures ont concerné le drapeau confédéré, symbole de l’héritage culturel sudiste pour ses partisans, de celui du racisme, de l’esclavage et de la théorie de la suprématie blanche pour ses détracteurs.

De nombreuses entreprises américaines ont annoncé qu’elles allaient cesser de vendre des produits arborant ce drapeau, qui a déjà été retiré de bâtiments officiels, en Alabama comme en Caroline du Sud. Dans le Mississippi, seul État américain dont le drapeau contient la bannière confédérée dans le coin supérieur gauche, plus de 50 000 personnes ont signé une pétition pour demander de la retirer, avec le soutien de plusieurs élus conservateurs.

LE RÔLE DES ÉLUS RÉPUBLICAINS
« C’est un symbole, mais c’est important, relève Marie-Cécile Naves, politologue et auteur de plusieurs ouvrages sur les États-Unis (1). C’est un marqueur fort du racisme, qui, comme d’autres symboles, structurent les mentalités. Il ne faudrait pas cependant que le débat né de Charleston se résume à cela. Il serait également utile que les républicains s’emparent de cette question, alors qu’il est évident qu’ils marchent sur des œufs, de peur de s’aliéner les électeurs blancs du Sud. »

Les prétendants à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2016 ont en effet été très mesurés dans leur réaction, évitant de parler de « crime raciste ». À l’image de Ted Cruz, élu du Texas, ils ont surtout tenté de déminer toute tentative éventuelle de remise en cause de l’accès aux armes à feu.

---------------------------------------------------

Les Afro-américains, une population pauvre

Avec un total de 45,7 millions, les Afro-américains représentent actuellement 13,9 % de la population américaine, ce qui fait d’eux le deuxième groupe minoritaire du pays, derrière les Hispaniques. Leur part devrait atteindre les 17,9 % en 2060, selon le département des statistiques américain.

Leur revenu annuel moyen était de 34 598 dollars (30 917 €), soit 33 % de moins que celui de l’ensemble de la population américaine (51 939 dollars, 46 413 €). Le taux de pauvreté atteint 27,2 % parmi la population noire, contre 14,5 % pour l’ensemble du pays.

79 % des noirs américains sont chrétiens. Ils sont à 53 % membres des « Églises noires », à 14 % protestants évangéliques et 4 % méthodistes, baptistes ou épiscopaliens. 5 % sont catholiques. 2 % témoins de Jéhovah. Et 2 % musulmans.

GILLES BIASSETTE


(1) Dernier titre paru : « Le nouveau visage des droites américaines », FYP Editions, 172 p., 16 €.




Retour à la rubrique


Source/Lien : La Croix



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org