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Alep, un carrefour des civilisations entre l’Orient et l’Occident
Publié le : 07-07-2015

La Croix

Légende photo: L’armée française dans les rues d’Alep, 25 décembre 1931. Roger-Viollet

6/7/15 - 12 H 22

Au croisement des grandes routes commerciales, la cité alépine a été le creuset de multiples appartenances culturelles et religieuses.

Au carrefour de plusieurs routes commerciales, entre Orient et Occident, islam et chrétienté, Alep a bâti sa prospérité sur les échanges. Hittites, Assyriens, Arabes, Mongols, Mamelouks et Ottomans : au fil des conquêtes et des dominations, des dévastations et des renaissances, la ville a développé une tradition d’ouverture, réceptacle de multiples communautés, langues et cultures.

Au XVIe siècle, les Vénitiens y font l’essentiel de leur commerce au Levant. Sous l’Empire ottoman, au XVIIe siècle, on y trouve Turcs, Arabes, Kurdes, Yézidis, Druzes, Turcomans et Juifs mais aussi des chrétiens maronites, grecs-orthodoxes, arméniens, syriaques, nestoriens et coptes.

Ancienne capitale de l’empire ottoman

Alep sera longtemps le centre commercial et industriel le plus important de la partie asiatique de l’Empire et la capitale administrative d’un vaste territoire débordant sur la Turquie actuelle. Son rayonnement s’étend jusqu’en Europe occidentale, en Asie centrale et aux côtes du sous-continent indien. La ville se forge un quasi-monopole dans les textiles et adapte sa production en fonction de la demande.

En 1822, un séisme cause la mort de quinze mille personnes. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, la bourgeoisie locale investit dans de nouveaux quartiers aux avenues rectilignes, une architecture et une voirie inspirées, dit-on, des principes du baron Haussmann.

Une municipalité voit le jour en 1867. De nombreuses écoles sont ouvertes, des journaux sont créés. Le train venu de Constantinople relie Alep au monde occidental, ce qui achève de donner à la ville sa réputation de « Paris en Orient ».

Son souk ancestral, les riches demeures de la vieille ville, les anciens consulats et sa citadelle ont longtemps témoigné de cette splendeur passée. « Jusqu’à la fin de l’Empire ottoman » soulignent Jean-Claude David et Thierry Boissière, « Alep reste une sorte de référence ou de repère » pour les populations d’une « vaste région, arabe, turque et turkmène, kurde, arménienne » (1).

Un rôle moins important au XXe siècle

À la chute de l’Empire et pendant le Mandat français, Arméniens et Syriaques s’y réfugient en nombre, gonflant une minorité chrétienne déjà importante au sein d’une population majoritairement arabe et sunnite. Au XXe siècle, l’État syrien s’organise autour de Damas. Devenue simple chef-lieu administratif et relais du pouvoir central, la cité voit son aire d’influence sérieusement diminuée et perd son rôle de carrefour.

De grandes villes qui lui étaient étroitement liées par le commerce, l’économie, les migrations et les liens familiaux, se retrouvent dans deux pays différents : Diyarbakir, Urfa et Alexandrette en Turquie, Mossoul et Bagdad en Irak. Elle s’adapte néanmoins et connaît une certaine prospérité économique entre 1945 et 1958, grâce à son industrie textile et à l’exportation du coton.

Mais la révolution baasiste de 1963 brise l’équilibre en faveur de Damas, siège incontesté du nouveau régime. La réforme agraire et les nationalisations font partir de nombreuses familles vers le Liban, l’Europe ou l’Amérique. Dans les années 1980, Alep paiera également pour son attitude frondeuse pendant la révolte des Frères musulmans à Hama en février 1982.

Distancée démographiquement et économiquement par Damas, Alep retrouve une certaine prospérité dans les années 1990 et 2000, à la faveur d’une collaboration plus ouverte avec le pouvoir et du dynamisme de ses entrepreneurs. La signature d’un accord de libre-échange entre la Turquie et la Syrie, en 2007, contribue à relancer l’activité. La construction d’une autoroute vers le port de Lattaquié devait achever de rompre l’isolement alépin. La ville se préparait à retrouver sa fonction d’étape sur la route de l’Orient, entre la Méditerranée et la Chine. La guerre a tout brisé.

François d’Alançon

(1) Alep et ses territoires. Fabrique et politique d’une ville (1868-2011), de Jean-Claude David et Thierry Boissière (dir.), Presses de l’Ifpo, Institut français du Proche-Orient, 2014




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Source/Lien : La Croix



   
 
   
 
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