Aujourd'hui : Jeudi, 18 octobre 2018
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
Le Collectif VAN, partenaire du Festival de Douarnenez 2016
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
La double guerre de la Turquie
Publié le : 27-07-2015

LeJDD.fr

26 juillet 2015

Après les djihadistes en Syrie, Ankara a visé les rebelles kurdes du PKK. Un message à son opinion publique alors que les autorités tentent de former un gouvernement de coalition.

Les avions turcs ont frappé les monts Qandil, hier, la base arrière du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. C'est là, aux confins de l'Irak, à quelques pas de l'Iran, que s'étaient réfugiés les combattants du PKK, après une longue fuite au début des années 2000. Ces montagnes austères offraient une retraite aux rebelles kurdes en guerre contre les autorités turques. Ils y ont construit des caves, des galeries, y ont caché des armes, des munitions.

Frapper Qandil, c'était toucher le cœur du PKK. Le but d'Ankara. "Des opérations aériennes et terrestres sont actuellement en cours", a déclaré hier le Premier ministre Ahmet Davutoglu, artisan de la politique étrangère turque de ces dernières années, avant d'ajouter : "Elles ne sont pas limitées et continueront tant qu'une menace existe contre la Turquie."

Les Kurdes, meilleurs atouts contre Daech

Ces frappes ont été menées de concert avec une campagne de bombardement, commencée la veille en Syrie contre l'État islamique (EI). Une première depuis l'apparition de l'organisation sur le territoire syrien. Après s'être longtemps fait prier par ses alliés, la Turquie est donc entrée en guerre contre les djihadistes et a ouvert ses bases aériennes, notamment celle d'Incirlik, aux avions de la coalition anti-EI menée par les États-Unis. Située dans le sud-ouest de la Turquie, elle est idéalement placée pour frapper la Syrie.

Les alliés de la Turquie savaient-ils qu'Ankara comptait frapper aussi le PKK en Irak? La branche syrienne de la guérilla kurde affiliée au PKK, le PYD (Parti de l'Union démocratique), et sa milice, les YPG (Unités de protection du peuple), se sont révélées les meilleurs atouts de la coalition. Le PYD contrôle le Kurdistan syrien, de facto autonome depuis le départ des forces du régime de Bachar El-Assad à l'été 2012.

Les autorités turques ont longtemps laissé faire

La coordination air/sol s'est révélée décisive pour grignoter du terrain à l'EI à Kobané. Ou Tal-Abyad, autre ville syrienne, celle-ci à majorité arabe, que les Kurdes ont prise aux djihadistes en juin. Douloureuse défaite pour l'EI : à la frontière avec la Turquie Tal-Abyad était un point d'approvisionnement vital pour l'organisation, zone de tous les trafics, combattants, pétrole, armes, antiquités, sous les yeux des autorités turques qui ont longtemps laissé faire, jouant les groupes islamistes armés de Syrie contre Bachar El-Assad mais aussi contre les Kurdes. Douloureux réveil pour Ankara, qui s'est retrouvé du jour au lendemain avec 400 km de frontière gérée par des Kurdes pro-PKK.

En réponse aux frappes aériennes d'hier, le PKK a annoncé que "les conditions du maintien du cessez-le-feu ont été rompues". En juillet déjà, un proche de l'organisation confiait sous couvert de l'anonymat : "Les combattants se préparent depuis longtemps dans les montagnes. Ils sont lassés des promesses non tenues et ulcérés par les propos du président Recep Tayyip Erdogan." Pendant la campagne des élections législatives du 7 juin, le président Erdogan s'était en effet montré très offensif vis-à-vis du PKK. Torpillant un processus de paix qu'il avait initié, le président turc a cherché – et cherche encore alors qu'Ankara tente de former un gouvernement de coalition – à attirer le vote nationaliste, pour qui le PKK est l'éternel épouvantail.

Mettre le PKK et les islamistes sur le même plan

L'attentat meurtrier de l'EI qui a coûté la vie à 32 Kurdes le 20 juillet à Suruç, dans le sud de la Turquie, a entraîné des représailles des rebelles du PKK qui ont assassiné des policiers soupçonnés d'avoir aidé l'EI. La Turquie perdait sur tous les plans : à laisser faire l'État islamique, elle n'a réussi qu'à importer le conflit syrien sur son territoire. Elle cherche, aujourd'hui, à le rejeter hors de ses frontières.

"Le timing est parlant : en attaquant simultanément l'EI en Syrie et le PKK en Irak, le gouvernement envoie un message d'une part à la coalition et d'autre part à son opinion publique interne en mettant les deux organisations sur le même plan", explique Metin Gürcan, chercheur à l'université de Bilkent. Une campagne d'arrestation est en cours : 590 personnes ont été interpellées ces derniers jours, dont une trentaine d'étrangers. Mais l'aviation turque a épargné – pour l'instant – la branche syrienne du PKK, le PYD, meilleur allié de la coalition en Syrie. Pour Ankara, le raisonnement, s'il est sophistiqué, reste logique : attaquer l'EI, affaiblir son ennemi juré, le PKK, en Turquie et en Irak, tout en le ménageant en Syrie.




Retour à la rubrique


Source/Lien : LeJDD.fr



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org