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Turquie, mieux vaut tard que jamais
Publié le :

Le Point.fr

PAR MICHEL COLOMÈS
Publié le 26/07/2015 à 09:23

Il a suffi en apparence d'un simple coup de téléphone d'Obama au Premier ministre turc, Recep Erdogan, mercredi soir, pour que se débloque une situation ambiguë et figée dans cette incertitude depuis plus de deux ans. En fait le véritable motif de ce changement d'attitude n'est pas la force de persuasion du président américain, mais un attentat, lundi, dans la ville turque de Suruç qui a fait 32 morts et était clairement l'œuvre des affidés de l'État islamique.

Membre de l'Otan, alliée des États-Unis, et participant théorique à la coalition contre l'État islamique, la Turquie, en dépit de ses protestations, n'a jamais été un partenaire fiable dans la lutte contre les djihadistes. Il suffit pour cela de se souvenir des trésors de diplomatie que les nations occidentales, y compris la France, ont dû déployer pour sauver Kobané, cette ville kurde située à la frontière syrienne que Daesh était sur le point de capturer avec les centaines de milliers de civils de sa population. Pour l'éviter, il fallait laisser les volontaires kurdes transiter par la Turquie pour aller défendre cette ville stratégique.

Pendant des semaines, on a vu des dizaines de Kurdes assister impuissants, depuis les collines turques dominant Kobané, à l'agonie de leurs frères. Puis, enfin, soutenus par les bombardements ciblés de l'aviation alliée, les volontaires ont été plus ou moins autorisés à rejoindre des combats qui grâce à leur détermination et leur courage et avec l'appui des raids aériens se sont terminés en victoire sur les fanatiques islamistes.

L'attitude ambivalente des Turcs

L'attitude ambivalente des Turcs à l'égard de l'État islamique a deux motifs :

- Leur haine de Bachar el-Assad et leur conviction que les troupes d'Al Bagdhadi étaient les seules capables de renverser le dictateur syrien.
- Leur crainte que les Kurdes ne profitent de la situation pour élargir au détriment de la Turquie le sanctuaire que les combats en Irak leur ont permis de se constituer.

Il faut ajouter à cela qu'ils profitent largement, depuis le début du conflit, du trafic frauduleux de pétrole venant des puits conquis et exploités par l'État islamique. Et très probablement aussi de la contrebande des armes qui transitent par leur territoire et permettent aux djihadistes d'être devenus une armée d'autant plus redoutable qu'elle utilise tous les moyens y compris les plus barbares.

« Jusqu'à présent, la Turquie n'a jamais imaginé que les djihadistes pouvaient devenir un problème pour la Turquie elle-même », analyse Andreas Krieg, un expert du King's Collège de Londres. « Au contraire, poursuit-il, les Turcs ont toujours été persuadés que leur djihad était local, pas global. » C'est là l'erreur qu'ils viennent de payer deux fois en moins d'une semaine : par l'attentat meurtrier de Suruç. Et par l'attaque deux jours plus tard d'une de leurs patrouilles le long de la frontière. Une escarmouche qui a fait un mort et plusieurs blessés.

Les ennemis de notre ennemi ne sont plus nos amis

Les ennemis de notre ennemi ne sont plus nos amis. Ankara a très rapidement tiré les leçons de son erreur de jugement :
- En 48 heures, 290 sympathisants de Daesh ont été arrêtés un peu partout dans le pays. Et notamment parmi les passeurs qui aidaient les candidats étrangers au djihad – dont beaucoup de Français – à rejoindre les rangs des troupes de l'État islamique.

- Et surtout, les Turcs ont autorisé les avions de la coalition, et notamment ceux de l'US Air Force, à utiliser les bases d'Incirlik et Diyarbakir dont l'utilisation leur était jusqu'alors refusée alors qu'elles sont considérées comme base Otan. Un avantage important, car il réduit considérablement le temps de vol des avions jusqu'à leurs objectifs en Syrie ou en Irak.

- Enfin, apport non négligeable, car les Turcs sont bien équipés en ce domaine, ils ont commencé, eux aussi, à participer aux raids aériens contre l'armée de l'État islamique.

Certes, cette décision de la Turquie internationalise un peu plus le conflit avec un pays qui a 900 kilomètres de frontière commune avec la Syrie. Et donc augmente les risques d'affrontement directs. Sans parler du danger terroriste, si, comme on le dit, la cinquième colonne de Daesh en Turquie est forte d'au moins trois mille affidés. Mais elle a enfin le mérite de clarifier la situation dans le camp de ceux, américains, européens, qui s'opposent aux menées de celui qui a toujours la folle et dangereuse ambition d'élargir sans cesse son califat agressif et fanatique.




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Source/Lien : Le Point.fr



   
 
   
 
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