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Mariette Maral Assadourian et ses cousins arméniens
Publié le : 29-07-2015

La Croix


Légende : OONA SEGUIN POUR LA CROIX


28/7/15 - 14 H 42

Cent ans après le génocide arménien, la famille Assadourian a essaimé sur trois continents et ses membres entretiennent toujours des liens étroits.

Mariette Maral Assadourian est une femme élégante. L’esprit pétillant. Elle est aussi très entourée. Dans son téléphone portable qui ne la quitte jamais, elle a désormais 2 000 photos de sa famille. Malgré le grand ménage auquel elle a dû se résoudre. Elle en avait en effet 6 000 il n’y a pas si longtemps, mais la mémoire de l’appareil a fini par saturer. Quant à celle de Mariette Maral Assadourian elle-même, elle est infaillible : pas un de ses cousins dont elle ne connaisse l’itinéraire entre Europe, Afrique et Amérique.

L’épopée des Assadourian se lit en effet sur un atlas et dans les méandres de la généalogie. Comprendre les chemins empruntés par les uns et les autres oblige à des allers et retours entre le présent et le passé. L’histoire débute donc il y a cent ans, dans une famille arménienne originaire de Cilicie, dans le sud de la Turquie actuelle. Rescapés du génocide de 1914, les grands-parents de Mariette Maral Assadourian trouvent refuge à Alexandrette, ville située sur le territoire ottoman mais placée sous mandat français.

Ses deux parents y voient le jour, son père en 1919 et sa mère en 1924. Mais, en 1938, les Français quittent la ville qui devient turque. L’importante communauté arménienne plie alors bagage. Ses familles paternelle et maternelle s’installent à Alep, dans la Syrie toute proche. Ses parents s’y marient en 1946 et y ont trois enfants : deux fils, Assadour et Raffi, puis Maral, en 1957.

La famille maternelle quitte rapidement la Syrie pour l’Argentine, où une solide communauté arménienne s’est établie à Buenos Aires. «Ma mère était très isolée à Alep. Sa famille lui manquait beaucoup. Au gré de lettres qui ne sont jamais arrivées, le contact a été rompu pendant de longues années. Je lui promettais qu’avec mon premier salaire je l’emmènerai à Buenos Aires à leur recherche mais je n’ai pas eu à le faire.

Elle les a retrouvés par l’intermédiaire d’un pasteur de l’Église protestante arménienne.» En 1964, le père de Mariette Maral décède. «Nous avons alors suivi sa famille installée à Beyrouth.» Une autre partie de la famille paternelle était rentrée en Arménie, devenue partie de l’URSS, d’où elle finira par émigrer aux États-Unis quelques années plus tard. Voilà le clan dispersé aux quatre coins du monde.

La petite fille grandit donc dans la capitale libanaise, au cœur du quartier arménien. «Nous vivions dans une communauté très chaleureuse. Nous étions unis par notre langue et l’Église apostolique arménienne. Elle organisait notre vie, tenait l’état civil et les écoles élémentaires.» La petite fille est bonne élève. Mais quand elle atteint l’âge du collège, elle doit entrer dans un établissement payant. «Nous étions très modestes et le collège coûtait cher. Mes frères, qui ont travaillé très jeunes, m’ont payé mes études.» Ce sens de l’entraide, de l’attention aux autres, si spécifique aux communautés les plus éprouvées, pense-t-elle, l’accompagne encore. «Quand on grandit comme ça, on se sent redevable toute sa vie.»

En 1973, alors que le Liban est au seuil de la guerre, la famille s’envole pour la France retrouver… des cousins paternels. «Nous sommes arrivés l’hiver, il faisait froid. J’étais coupée de mes amis, de mon collège. En échange, je retrouvais ma famille paternelle.» Elle pose ses valises à Décines (Rhône), où 90% des habitants sont d’origine arménienne. Là encore, l’entraide est un précieux sésame. «C’est grâce à un cousin que j’ai pu intégrer le collège français sans redoubler. Il avait parlé pour moi au principal.»

Mariette Maral Assadourian fait donc sa vie en France. Elle adjoint le prénom Mariette à son prénom arménien Maral. Elle obtient un diplôme de physique, un master d’école de commerce et se hisse jusqu’à la direction commerciale de son entreprise d’informatique. Elle est aujourd’hui coach en développement commercial. «J’ai toujours vécu ma double culture comme une chance, explique-t-elle. J’admire le système français qui met l’éducation et les soins à portée de tous.» D’un autre côté, elle reste très attachée à ses racines arméniennes. Elle milite pour la reconnaissance du génocide et gère un temps le journal France-Arménie.

Aujourd’hui, le temps a passé mais elle reste en contact avec ses oncles et tantes, cousins, cousines et une ribambelle de petits-neveux aux quatre coins du monde. Les représentants des deuxième et troisième générations gardent le lien, grâce au téléphone et via la messagerie instantanée WhatsApp. Et à l’arménien. «Notre langue est constitutive de notre identité», explique Mariette Maral.

Les enfants l’apprennent dans des écoles bilingues. Mariette Maral prend ainsi, en arménien, des nouvelles des uns et des autres. «Par exemple, j’ai félicité mes cousins argentins pour l’élection du pape François.» Elle a fait de belles rencontres. Mariette Maral a ainsi accueilli l’été dernier une de ses petites-cousines argentines qu’elle ne connaissait pas. «Janina a 20 ans. Elle est étudiante en médecine à Buenos Aires et a profité de ses longues vacances d’été pour venir à la rencontre de sa famille française. C’était un moment merveilleux.»

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DES INQUIETUDES POUR SA FAMILLE SYRIENNE

Marielle Maral Assadourian a deux cousines à Alep, en Syrie, où l’importante communauté arménienne est la cible des islamistes. La moitié des Arméniens ont déjà fui. Elle est donc inquiète. «J’ai eu l’une de mes cousines au téléphone il y a quelques semaines.

Elle s’apprête à quitter la Syrie en septembre pour s’installer à Erevan. Sa maison a été bombardée. Depuis quatre ans, elle vit chez des amis. Sa sœur reste encore là-bas. Elle veut croire à un avenir sur place.

Mais pour combien de temps?» La ville a une place à part aux yeux de Mariette Maral. Elle y est née et, surtout, son père y est enterré. Elle espère, un jour, revoir sa tombe.
«Plus personne n’ose s’aventurer dans le cimetière arménien. Je n’ai aucune idée de l’état dans lequel se trouve sa tombe.»

Emmanuelle Lucas




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Source/Lien : La Croix



   
 
   
 
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