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Turquie. La guerre contre l’Etat islamique est un alibi pour combattre les Kurdes
Publié le : 29-07-2015

Courrier International

Publié le 28/07/2015 - 10:12

Les attaques à l’encontre des militants kurdes, alliés de la coalition contre l’organisation Etat islamique, accompagnent les raids turcs contre la même organisation en Syrie. Ankara privilégie ainsi son propre agenda politique au risque d'exacerber les tensions à l'intérieur du pays.

La Turquie, présentée comme le fer de lance de la lutte contre le régime syrien du fait de son soutien actif aux groupes armés de l’opposition, s’est vu reprocher par ses alliés occidentaux sa connivence avec l’organisation Etat islamique [(EI) ou son acronyme arabe Daech] dans son opposition aux forces kurdes. Ankara, qui partage une frontière de 900 kilomètres avec Damas, a en effet longtemps servi de base arrière pour les combattants [islamistes] du Front Al-Nosra et d’Ahrar Al-Cham, et a été fustigée pour son attitude attentiste et troublante au moment où les Kurdes du Parti de l’union démocratique [PYD, parti kurde syrien proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Turquie, séparatiste] combattaient l’EI à Kobané.

Si cette passivité a pu se justifier notamment par la volonté turque d'affaiblir le régime de Bachar El-Assad et de contenir les velléités autonomistes kurdes, elle n’en a pas moins irrité son allié américain, dont l’objectif déclaré est celui d’une guerre “totale” contre l’EI. Aussi Washington a-t-il apporté un soutien au PYD, qui administre le Kurdistan syrien depuis trois ans, en lui fournissant depuis décembre 2014 des armes sous la stricte condition qu’elles ne soient pas redistribuées au PKK turc, qui figure sur la liste terroriste des Etats-Unis. Cependant, pour Ankara, le PYD et le PKK constituent cependant une seule et même organisation “terroriste”.

Dans un contexte où le rêve d’unité des trois cantons kurdes en Syrie pourrait se concrétiser, et face au dérapage de la situation sécuritaire interne et à l’évolution du rapport de force régional, il semble que les Turcs aient fait le choix de conclure un accord avec l’administration Obama. Un accord qui fait de la Turquie une pierre angulaire de la lutte contre l’EI en permettant aux avions de la coalition d’utiliser ses bases aériennes. Mais en contrepartie de quoi ?

Du fait de la proximité des bases turques avec le territoire syrien, les membres de la coalition vont pouvoir effectuer des opérations moins coûteuses et plus opérationnelles. Mais qu’a obtenu Erdogan en contrepartie de cette faveur ? Les Américains ont-ils accepté, comme les Turcs le laissent entendre, l’idée d’une zone d’exclusion aérienne dans le nord de la Syrie et la possibilité d'une intervention turque pour créer une zone tampon entre les cantons kurdes de Syrie ?

In fine, si l’objectif demeure inchangé pour la Turquie, ce deal manifeste l’infléchissement de la position turque. L’équation “Pas de bombardements de l’EI sans bombardements du régime syrien” a été remplacée par “Pas de bombardements contre l’EI sans bombardements contre les Kurdes”. Tout cela sans confrontation directe avec le régime d’Assad.

La complexité de la situation turque, qui doit gérer, dans le même temps, une lutte contre trois ennemis (Assad, les Kurdes du PKK et l’EI) explique en partie ces revirements politiques. Revirements à haut risque pour Ankara : d’une part, le risque d’un mouvement de contestation de la part des Kurdes de Turquie (ce qui représente quelque 15 millions de personnes), d’autre part, le risque d’attentats de l’EI qui dispose de cellules dormantes en Turquie.




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Source/Lien : Courrier International



   
 
   
 
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