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Brèves de Turquie
Publié le : 30-07-2015

Kedistan.fr

Commission d’enquête sur Suruç et autres attentats

L’Assemblée Nationale turque s’est réunie aujourd’hui. Lors de cette session, sur demande du CHP (démocrates), la proposition de constitution d’une Commission d’Enquête Parlementaire sur les actes terroristes vécus dans cette dernière période a été soumise au vote.

La proposition a été refusée majoritairement par les votes de l’AKP et le MHP (ultra nationalistes) réunis.

Levées d’immunités parlementaires

Le HDP a déposé une demande officielle afin de faire enlever l’immunité de ses 80 parlementaires. Selahattin Demirtas le coprésident du HDP avait annoncé leurs intentions hier, en précisant qu’ils n’avaient rien à se reprocher et invitant à en faire autant, tous les 550 députés de l’Assemblée.

La surprise est venue du CHP qui à son tour a annoncé que la demande de suppression de l’immunité parlementaire de ses élus parlementaires serait demandée, s’associant ainsi à celle du HDP.

Toutes ces “joutes” parlementaires, se font sur fond de crise depuis les dernières élections, le gouvernement étant toujours “provisoire”.

Enquête sur crimes de guerre

La Cour pénale internationale a annoncé l’ouverture d’une enquête sur Recep Tayyip Erdoğan (Président de la République), Ahmet Davutoğlu Premier Ministre), Efkan Ala (Ministre de l’Intérieur) et Hakan Fidan (Directeur Services Spéciaux).

Pour l’instant ce n’est qu’une ouverture d’enquête préalable.

Comme il était apparu dans l’actualité mondiale, que la Turquie était accusée d’aider les groupes en guerre en Syrie, en leur fournissant de l’argent et des armes, de provoquer la guerre civile, de négocier pour la vente illégale de pétrole avec Daesh, de fermer les yeux sur le passage des groupes terroristes sur ses terres… etc. Le TPI s’est saisi de ces affaires, liées aux accusations de crimes de guerre de Daesh.

Par ailleurs, pour tous ces crimes, toute personne impliquée, des donneurs d’ordres aux exécutants, tous les responsables, ainsi que ceux qui ont interféré dans l’affaire en obscurcissant les preuves, comme des juges, procureurs ou agents de renseignements peuvent être menées devant le tribunal.

Le dossier des camions chargés d’armes à destination de Syrie constitue une des pièces les plus importantes de l’enquête. Ces camions accompagnés d’agents de MIT, avaient été arrêtés à Adana par la gendarmerie, puis avaient repris leur acheminement. Une enquête judiciaire dans laquelle 25 militaires et 4 procureurs seront jugés après avoir été mis en détention est toujours en cours.

Il y a d’autres documents qui peuvent servir de preuves. Les documents fournis au Conseil de Sécurité des Nations Unies par le gouvernement de Syrie, ainsi que les documents sur la commerce illégale de pétrole entre la Turquie et le Daesh, obtenus par les Etat-Unis selon les articles de Martin Chulov du The Guardian, et Alfred Hckensberger de Die Welt.

Les années précédentes, Besar Caferi, le représentant des Nations Unis de Syrie, avait déjà demandé une enquête en accusant la Turquie « d’aider les terroristes à passer en Syrie ». Cet enquête continue.

Par ailleurs, La Syrie avait déposé une plainte également en accusant la Turquie d’avoir aidé à Hayao Boumeddiene, la femme d’Amedy Coulibaly à entrer clandestinement en Syrie. Cette enquête est également en cours.

Sur ces demandes de Syrie, comme sur celle de la Cour pénale internationale, il n’est guère raisonnable d’attendre une réponse positive du Conseil de Sécurité des Nations Unies dont font partie les les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, la Chine et la Russie qui disposent d’ un droit de véto.

Le nombre de pays qui reconnaissent la Cour pénale internationale est de 123. La Turquie n’en fait pas partie.

Comme on le voit, alors que les arrestations et surveillances ne cessent pas dans le pays, alors que les militaires se positionnent à la frontière, en interne, les manoeuvres politiques de l’AKP continuent, manoeuvres auxquelles le HDP tente de répondre tant bien que mal, pris entre le marteau et l’enclume, et maintenant malgré tout son attitude d’exigence de “paix” et de non réponse aux provocations. Dans ce contexte, sauf manoeuvres dilatoires de dernière minute, la Turquie va vers de nouvelles élections, dans un climat de répression policière et de bruits de bottes.




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Source/Lien : Kedistan.fr



   
 
   
 
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