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En Turquie, le canal pharaonique du Bosphore
Publié le : 06-08-2015

La Croix

Recep Tayyip Erdogan ambitionne de construire un canal long de 50 kilomètres pour désengorger le Bosphore.

6/8/15 - 10 H 58

Le canal Istanbul fait partie des grandes infrastructures que le président espère inaugurer pour le centenaire de la République turque.

Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan assurait, le 27 avril 2011, que la Turquie méritait un « projet fou et magnifique » à l’horizon 2023, année du centenaire de la République turque fondée par Mustafa Kemal Atatürk.

Le leader du parti islamique modéré AKP annonçait alors son intention de doter la Turquie d’un « deuxième détroit du Bosphore » en creusant un canal de 50 kilomètres entre la mer Noire et la mer de Marmara. Il estimait alors que ce canal « éclipserait le canal de Suez et le canal de Panama ».

Un projet mégalomane de 9 milliards d'euros

Chaque jour, plus de 130 navires de marchandises empruntent le détroit du Bosphore qui coupe en deux Istanbul. La construction de ce canal géant – 150 mètres de large et 25 mètres de profondeur – coûterait plus de 9 milliards d’euros, et devrait permettre à 160 bateaux par jour d’effectuer la traversée.

Le « canal Istanbul » a été mis en sommeil pendant quatre ans. En février 2015, quelques mois avant les élections législatives, celui qui est devenu président du pays en 2014 a ressorti des cartons ce projet qui doit rendre les Turcs « fiers d’eux-mêmes ».

Selon Jean-François Bayart, directeur du Centre d’études et de recherches internationales de Sciences-Po, « ce canal montre la mégalomanie d’Erdogan. En reprenant une idée de Soliman le Magnifique, qui régnait sur l’Empire ottoman au XVI e siècle, il se pose en successeur des sultans. »

Dans la même veine, l’ancien maire d’Istanbul, entre 1994 et 1998, souhaite bâtir le plus grand aéroport international au monde et un troisième pont enjambant le Bosphore. « Il espère que la réalisation de ces projets lui assurera d’être toujours à la tête de l’État au moment du centenaire », ajoute Jean-François Bayart.

Aussi extravagant et peu respectueux de l’environnement que soit le plan du premier ministre, « ce canal constitue une réponse à un réel problème », explique Jean-François Bayart. La traversée de ce bras de mer qui sépare l’Europe et l’Asie reste particulièrement périlleuse.

Tous les ans, 50 000 navires marchands font transiter plus de 140 millions de tonnes de pétrole brut par les courants violents du Bosphore. « Certes, ce projet comporte de nombreux risques, mais imaginez les conséquences d’une catastrophe pour une ville de plus de 14 millions d’habitants », s’inquiète le chercheur.

Toutefois, pour Yoann Morvan, géographe(1) , ce projet est hypocrite : « S’il est périlleux de faire passer des supertankers au cœur d’Istanbul, pourquoi alors programmer l’urbanisation massive des abords du canal et la création de deux villes nouvelles ? »

Pierre Boissonnat

(1) Auteur, avec Sinan Logie, de Istanbul 2023, Éditions 2B, 2014, 144 p., 13 €.





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Source/Lien : La Croix



   
 
   
 
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