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Netzpolitik : le scandale allemand qui mêle journalistes et secrets d'Etat
Publié le : 07-08-2015

Par L'Obs

Publié le 06-08-2015 à 19h13

Deux blogueurs du site allemand Netzpolitik sont accusés de "haute trahison". En février et avril derniers, ils avaient révélé les projets de surveillance du renseignement intérieur allemand.

Ils sont accusés de "haute trahison". Deux responsables du site allemand Netzpolitik ont fait l’objet d’une enquête après une plainte contre X. Le président du service de renseignement intérieur, l’Office de protection de la constitution (BfV), n’avait pas apprécié deux de leurs publications. Il considère que des secrets d’Etat ont été révélés.

Le 25 février, le site, spécialisé sur les libertés numériques, avait dévoilé dans un premier article des détails du projet de budget du BfV. Netzpolitik expliquait alors que le renseignement intérieur allemand allait se doter de moyens informatiques afin d’"analyser massivement des données Internet", notamment sur les réseaux sociaux, raconte "Le Monde". Un projet financé grâce à une enveloppe de 2,75 millions d’euros.

Le 15 avril, Netzpolitik publiait de nouveaux documents et précisait les projets du BfV. 75 agents de la section EFI - support internet étendu spécialisé - se concentreront sur les conversations en ligne et les données accessibles sur Facebook.

Première accusation pour "haute trahison" depuis 1962

Hans-Georg Maaßen, président du BfV a alors porté plainte contre X mais il a nommé explicitement Markus Beckedahl, le fondateur du site, et André Meister, l’auteur de l’article. Les procédures sont lancées contre les deux journalistes et "une personne inconnue", leur source.

Les deux blogueurs de Netzpolitik ont appris l’affaire le 30 juillet. Une lettre des services du procureur les a informés qu’ils étaient accusés de trahison. La dernière accusation de ce type remonte à 1962, à l'époque où le pays était encore coupé en deux. Des journalistes de l’hebdomadaire "Der Spiegel" avaient été emprisonnés pour avoir publié des informations confidentielles sur la défense de l’Allemagne de l’Ouest.

Les deux blogueurs ont eux-mêmes révélé l’enquête qui les visait sur leur site. Relayée par les médias, l’affaire a déclenché un tollé en Allemagne. Le hashtag "#Landesverrat" (haute trahison) s'est répandu sur les réseaux sociaux et une manifestation a été organisée à Berlin le 1er août. "C’est une intimidation inacceptable", a dénoncé Reporters sans frontières (RSF).

Il est scandaleux de vouloir ainsi réduire au silence des journalistes qui ont, par le passé, dénoncé des abus des services secrets."

Le ministre de la Justice, Heiko Maas, qui s’inquiétait des conséquences de la procédure, a exigé la démission du procureur. Limogé mardi 4 août, Harald Range aura servi de bouc émissaire afin de calmer les esprits échauffés par cette restriction des libertés.

Jusqu'à deux ans de prison

Mercredi matin, des dizaines de journalistes étrangers ont signé un appel rédigé en cinq langues. "Les charges contre Netzpolitik.org et leur source inconnue pour trahison sont une attaque contre la liberté de la presse. La poursuite pour trahison des journalistes qui effectuent un travail essentiel pour la démocratie est une violation du cinquième article de la Constitution allemande. Nous demandons l’arrêt des poursuites contre les journalistes de Netzpolitik.org et leurs sources."

Markus Beckedahl et André Meister risquent pour l'instant deux ans de prison. Une peine impensable pour un pays comme l’Allemagne où la liberté de la presse, comme en France, est réputée garantie. Une grande partie du travail lié aux documents d’Edward Snowden avait d’ailleurs été effectuée dans la République fédérale.

Ce scandale, qui secoue largement le voisin d'outre-Rhin, ne manque pas de rappeler que la France a adopté, il y a quelques semaines, la loi sur le renseignement qui prévoit une surveillance généralisée sans intervention de la justice. Une loi adoptée dans une indifférence presque générale de l'opinion publique.

Juliette Pousson




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Source/Lien : L'Obs



   
 
   
 
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