Aujourd'hui : Lundi, 22 janvier 2018
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
Le Collectif VAN, partenaire du Festival de Douarnenez 2016
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
Syrie : l'EI attaque la zone de sécurité... avant même sa mise en place
Publié le : 12-08-2015

Libération

Luc MATHIEU 11 août 2015 à 17:01

Les jihadistes ont été repoussés de Marea, dans le nord de la Syrie, alors que l'établissement d'une zone tampon à la frontière turque se prépare avec l'appui de la coalition internationale.

L’offensive des rebelles pour établir une zone de sécurité dans le nord de la Syrie n’a pas encore débuté. Mais l’Etat islamique (EI) la cible déjà. Dans la nuit de lundi à mardi, un groupe d’une vingtaine de jihadistes s’est infiltré dans la ville de Marea, à mi-chemin entre Azaz, à la frontière turque, et Alep. Après plusieurs heures de combats, les rebelles ont fini par les encercler. Acculés, quatre kamikazes se sont fait exploser, selon une agence de presse locale. Au moins 25 rebelles ont été tués, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Dimanche, l’EI s’était emparé d’Oum Hoch, un village au sud de Marea.

Cette bourgade se situe à l’extrémité ouest de la zone de sécurité voulue par la Turquie, les Etats-Unis et une partie de la rébellion syrienne. Cette zone devrait s’étendre jusqu’à Jerablus, le dernier poste frontière tenu par l’EI, à une centaine de kilomètres à l’est. L’objectif annoncé est de chasser de cette région les jihadistes de l’EI, mais aussi les forces kurdes du YPG, les Unités de protection du peuple. Les Etats-Unis se sont dits prêts à lancer des raids aériens en appui. A terme, la zone pourrait accueillir des réfugiés syriens revenus d’exil, dont les 1,8 million qui vivent en Turquie, et des civils fuyant d’autres régions de Syrie.

D’ici là, l’offensive annoncée a déjà poussé le Front al-Nusra, la filiale syrienne d’Al-Qaeda, à se désengager de la région. Ces jihadistes sont pourtant parmi les premiers à combattre leurs rivaux de l’EI. Mais ils refusent de participer à une offensive soutenue par les Etats-Unis. «Le gouvernement turc et la coalition internationale mènent cette bataille pour leurs intérêts propres. Nous ne pouvons pas rejoindre leurs rangs, ni recevoir leur aide ni se coordonner avec eux», a indiqué le groupe dans un communiqué publié lundi. Ses combattants avaient déjà commencé à se retirer de villages du nord d’Alep.

La bataille sera donc menée par les brigades rebelles de l’Armée de la conquête et du Front du Levant, les plus actives dans la région. Elles comptent plusieurs milliers d’hommes, aux parcours et aux idéologies pour le moins éclectiques, des salafistes d’Ahrar al-Sham aux combattants issus de brigades de l’Armée syrienne libre. Parmi ces dernières, certaines, telle Harakat Nour al-Din al-Zenki, reçoivent des armes, dont des missiles antichars TOW, de la CIA depuis plusieurs mois.

«Si l’EI décide de s’enterrer à Al-Bab et Manbij, , cela virera à la guerre urbaine»

Ces groupes combattent déjà à Alep, la grande ville du nord, où l’armée syrienne est toujours présente. L’offensive annoncée pour établir la zone de sécurité les obligera donc à ouvrir de nouvelles lignes de fronts à l’est, dans le territoire de l’EI. Jusqu’où devront-ils aller ? La Turquie semble vouloir inclure les villes d’Al-Bab et de Manbij, deux fiefs des jihadistes, dans la région sécurisée. «Il y a de quoi être sceptique. Ces deux villes sont encore très peuplées. Si l’EI décide de s’y enterrer, cela virera à la guerre urbaine. Je vois mal comment les rebelles, engagés à Alep, pourront mener ces batailles. Les Turcs pourraient s’en charger en envoyant des chars. Mais ils auraient forcément des pertes, et je ne pense pas que l’opinion turque soit prête à les accepter», explique Thomas Pierret, maître de conférences à l’Université d’Edimbourg et spécialiste de la Syrie. Ankara a déjà fait savoir qu’il n’entendait pas déployer de troupes chez son voisin syrien, mais qu’il était prêt à aider les rebelles en bombardant les positions de l’EI.

La position turque vise aussi à empêcher les forces kurdes de progresser dans le nord syrien. «La Turquie ne mène pas la guerre contre Daech [acronyme de l’EI en arabe, ndlr], mais contre le peuple kurde», avait dénoncé le 28 juillet un dirigeant du Congrès national kurde (KNK), Zübeyir Aydar, en marge d’une réunion de l’Otan. Appuyés par la coalition, les combattants du YPG, les Unités de protection du peuple, ont accumulé les succès ces derniers mois contre les jihadistes, les chassant de Kobané et de Tall Abyad. S’ils poursuivaient leur offensive vers l’ouest, ils pourraient espérer faire la jonction avec le canton d’Afrin et créer une région autonome en Syrie qui jouxterait leurs territoires irakiens. Une hypothèse exclue par Ankara. Dans l’Irak voisin, les chasseurs turcs bombardent régulièrement les positions kurdes depuis la fin juillet.

Luc MATHIEU




Retour à la rubrique


Source/Lien : Libération



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org