Aujourd'hui : Mardi, 20 février 2018
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
Le Collectif VAN, partenaire du Festival de Douarnenez 2016
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
Erdogan, vers le TPI de La Haye
Publié le : 18-08-2015

NAM

par Erol Özkoray

A l’heure des pourparlers en vue de constituer un gouvernement de coalition, comment lire les résultats des dernières élections législatives en Turquie du 7 juin ? Primo, les islamistes - qui sont les maîtres du mensonge et de la dissimulation - ont perdu et les peuples de Turquie ne veulent plus du président Erdogan. Secundo, les électeurs ont évité de justesse l’ultime étape pour passer à un État islamique. L’islamiste Erdogan n’aura donc pas les mains libres pour finaliser sa “Turquie nouvelle” qui n’est autre qu’un régime dictatorial sunnite, une sorte de régime présidentiel basé sur l’islamofascisme. Mais aujourd’hui ces deux messages capitaux ne sont plus entendus, ni compris par les politiciens, à l’exception du Parti Démocratique des Peuples (HDP), dont son président Selahattin Demirtas a été la star montante de la politique en Turquie. En effet ce parti d’origine pro-kurde, devenu un parti national de gauche, a pulvérisé le barrage électoral de l’ordre de 10%, unique au monde, en obtenant 13% avec 6 millions de voix et en empêchant ainsi la majorité absolue au parti islamiste, AKP. Ce résultat prouve que les peuples de Turquie veulent donc garder la laïcité et la République qui sont les deux valeurs capitales pour construire une démocratie future. Ce qui soulage aussi les Européens et les Américains, car au niveau sécuritaire, politique, militaire et économique, le pays est partie intégrante de l’Occident. Les électeurs turcs ont donc évité le scénario catastrophe au dernier moment.

Mais l’ancien Premier ministre islamiste Davutoglu, chargé de former le nouveau gouvernement par le Président Erdogan, ne l’entend pas ainsi : il veut construire un gouvernement de coalition sans discuter le cas de son patron Erdogan qui viole la constitution d’une façon systématique. En effet, la personnalisation du pouvoir, l’application de l’unicité du pouvoir qui n’est que la confirmation d’une dictature et la corruption géante d’Erdogan méritent une sorte de “censure juridique” au niveau national. Tandis qu’au niveau international, la sale guerre qu’il a menée en Syrie en apportant son soutien financier et en armes aux terroristes de l’État islamique commettant ainsi un crime de guerre, le crime contre l’humanité qu’il a commis lors de la révolte de Gezi en mai-juin 2013 contre son propre peuple et le crime de génocide qu’il a provoqué contre les Kurdes de Kobané et les Yézidis en Irak et en Syrie doivent ouvrir normalement pour lui, la voie du Tribunal Pénal International de La Haye. Comme Milosevic d’ailleurs qui avait commis les mêmes crimes. Son dossier est assez épais et selon la conjoncture politique, les Etats-Unis pourraient envisager de le traîner devant un tribunal international. Déjà, le Premier ministre de Kobané, M. Enver Müslim, a déclaré qu’il prépare le dossier d’Erdogan pour le TPI de La Haye, pour crime de guerre et crime de génocide. L’arrogance, la mythomanie, l’ignorance et le narcissisme d’Erdogan font bondir les dirigeants occidentaux qui ne supportent plus le culte de la personnalité du dictateur sunnite qui rêvait de devenir le calife du monde musulman.

Erdogan ayant perdu la majorité au Parlement provoquant ainsi la caducité de son pouvoir présidentiel selon la Constitution, a donc une seule chance pour sortir de l’impasse politique où il est acculé : provoquer des élections anticipées pour regagner la majorité. Les deux autres partis d’opposition, le kémaliste, le Parti Républicain du peuple (CHP) et le parti ultra nationaliste, le Parti d’Action Nationaliste (MHP), pourraient faciliter cette voie. Leurs leaders respectifs, Kemal Kiliçdaroglu et Devlet Bahçeli, n’arrivent pas à comprendre le message principal des électeurs : se débarrasser définitivement d’Erdogan. Mais il ne faut jamais oublier une vérité électorale valable pour tous les pays : les tendances politiques ne changent pas avant minimum huit mois et à condition que les électeurs testent les partis en question dans leur exercice au gouvernement. Alors, pour inverser le résultat en vue de futures élections anticipées, Erdogan pourrait projeter des mises en scènes maléfiques à grande échelle en provoquant une guerre contre la Syrie et/ou des provocations en l’encontre du peuple kurde pour entamer une guerre civile. Le carnage que l’État profond a commis à Suruç à la frontière syrienne en utilisant l’État Islamique où 32 jeunes, venus apporter leur soutien à la reconstruction de Kobané, ont péri, en est un exemple majeur. Jouer avec le feu en somme dans le but de récupérer les voix nationalistes qu’il avait perdues le 7 juin dernier. Mes ces scénarios pourraient se retourner contre lui en le déboussolant d’avantage. Les électeurs turcs ont démontré qu’ils ne sont pas dupes.

Sous le patronage d’Erdogan, les islamistes ont donc deux voies qu’ils utilisent systématiquement : le mensonge et la violence. Ainsi, ils feront tout pour ne pas quitter le pouvoir. Mais jusqu’où ? L’Europe doit voir dans tous ces scénarios une confiscation du pouvoir qui n’a pas de légitimité car il a violé le contrat social basé sur une république laïque, pour fonder un État islamique basé sur la charia. Ainsi ces islamofascistes ne représentent pas le pays. Les islamistes ne se confondent donc pas avec la Turquie, ils sont une force étrangère. Cet islamisme est une voie politique au service d’une idée internationaliste du sunnisme qui ne reflète nullement les aspirations d’un peuple épris de démocratie, de laïcité et des valeurs universelles. Nous sommes donc en face d’un pouvoir totalement étranger à ce pays, qui est en somme le reflet des Frères Musulmans.

Dans ce contexte, le parti d’opposition qui se coalisera avec les islamistes perdra tout, car les électeurs ont voté pour ces partis pour se débarrasser définitivement d’Erdogan. Une coalition probable des islamistes avec les ultra nationalistes du MHP sera un choix catastrophique pour le pays, mais d’un autre côté les dynamiques de la société sont présentes pour mener une résistance démocratique radicale : les Turcs européens républicains et laïques, les Kurdes et les Alévis dont leurs valeurs sont basées sur l’égalité de l’homme et de la femme. L’esprit de Gezi - c’est à dire la révolte pour garder les acquis démocratiques, les droits et la laïcité - est omniprésent. Le commencement de la fin pour les islamistes est déjà entamé. L’élimination politique définitive prendra du temps, mais elle se réalisera, car la dynamique interne existe. Le temps venu, le peuple est suffisamment mûr politiquement pour l’appliquer.

Erol Özkoray

lundi 17 août 2015,
Ara ©armenews.com

Article également paru dans Der Standard (Autriche)




Retour à la rubrique


Source/Lien : NAM



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org