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La Turquie va retourner aux urnes sur fond de guerre contre les Kurdes
Publié le : 20-08-2015

La Croix

Faute de majorité gouvernementale, des législatives anticipées sont attendues à l’automne en Turquie.

19/8/15 - 16 H 10 - Mis à jour le 19/8/15 - 17 H 59

Le pays s’est engagé dans une « guerre totale contre le terrorisme » mais qui vise essentiellement la rébellion kurde.

Le sud-est du pays, à majorité kurde, connaît une situation de quasi-guerre civile.

Le premier ministre et chef du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateurs), Ahmet Davutoglu, avait été mandaté par le président Recep Tayyip Erdogan pour mener des négociations avec les autres formations politiques représentées à l’Assemblée nationale afin de trouver un gouvernement de coalition.

Il a officiellement rendu son tablier au chef de l’État, mardi 18 août au soir, après de longues négociations infructueuses avec les partis d’opposition.

Des négociations rendues nécessaires par la configuration politique issue du scrutin du 7 juin dernier. Pour la première fois depuis 2002, l’AKP a été privé de majorité au Parlement, en raison notamment de la bonne performance du Parti de la démocratie des peuples (HDP, pro-kurde de gauche), qui a dépassé pour la première fois la barre des 10 % de suffrages lui permettant d’envoyer des députés à l’Assemblée.

Le président favorable à des élections anticipées

L’échec des discussions avec le Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste) et le Parti de l’action nationaliste (MHP, ultranationaliste) n’est pas une surprise, tant les antagonismes sont patents entre les différentes formations politiques sur la politique étrangère, les réformes constitutionnelles, le processus de paix avec la rébellion kurde ou encore les réformes sociales.

Sans compter que le président Erdogan est favorable à la tenue d’élections anticipées, un éventuel gouvernement de coalition rendant caduc le projet de « présidentialisation » du système politique qu’il entend toujours mettre en place.

Une ambiance délétère

Recep Tayyip Erdogan semble d’ailleurs déjà en campagne, et décidé à renforcer ses pouvoirs. « Que cela plaise ou pas, le système politique a changé de facto », a-t-il lancé le 14 août, faisant allusion à son élection, pour la première fois au suffrage universel, à la tête de l’État il y a un an avec 51,8 % des voix.

Le scrutin, qui pourrait avoir lieu dès octobre, se déroulera dans une ambiance particulièrement délétère. La Turquie est désormais lancée dans une « guerre totale contre le terrorisme », que les autorités ont déclenchée après l’attentat de Suruç, attribué à Daech, qui a fait 33 morts le 20 juillet.

Les positions du PKK visées

Des frappes ont certes été menées depuis contre les islamistes radicaux en Syrie, et la base aérienne d’Incirlik, au sud du pays, est désormais ouverte aux avions et aux drones américains pour frapper Daech.

Mais les interventions « antiterroristes » visent essentiellement des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sur le territoire turc.

Dans le sud-est du pays à majorité kurde, les accrochages entre forces de l’ordre et rebelles sont quotidiens dans certaines régions, et parfois d’une extrême violence.

Mardi 18 août, un soldat a été tué à Diyarbakir et trois autres dans la région de Hakkari, où l’armée a bombardé un village à coups de mortier, selon la presse locale, après avoir demandé à la population civile de quitter les lieux.

Pression sur la formation prokurde

Dans ce contexte, la pression exercée sur la formation prokurde est énorme. La justice turque a ouvert une enquête contre le codirigeant du HDP, Selahattin Demirtas, pour « incitation à la violence », tandis que des voix s’élèvent pour demander l’interdiction du parti, une option rejetée par le chef de l’État.

Rien ne permet cependant d’assurer que le très probable scrutin de cet automne donnera des résultats différents de ceux de juin, ni que l’AKP parviendra à former la majorité que Recep Tayyip Erdogan appelle de ses vœux, alors que les quelques sondages publiés depuis le début des opérations « antiterroristes » n’indiquent pas de grandes différences dans les intentions de vote.

Le pari risqué du président

Le pari de Recep Tayyip Erdogan est risqué. Les Turcs s’apprêtent à retourner aux urnes alors qu’une partie du pays est dans une situation insurrectionnelle, tandis que l’économie subit de plein fouet les contrecoups de cette instabilité, la devise turque ayant notamment décroché face au dollar et à l’euro.

Si la formation du chef de l’État ne parvient pas à retrouver une majorité d’ici à quelques mois, le président Erdogan pourrait bien connaître, pour la première fois depuis treize ans, des turbulences au sein même de son parti.

Alexandre Billette (à Istanbul)

Retrouvez notre chronologie interactive sur les 13 années au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan




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Source/Lien : La Croix



   
 
   
 
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