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L'Azerbaidjan, une "terre de tolérance", vraiment ?
Publié le :

Le Nouvel Observateur

Céline Lussato

Publié le 05-09-2015 à 13h02

Jeudi soir à Paris avait lieu l'inauguration de l'exposition du photographe Reza consacrée à la tolérance religieuse dans ce pays, dont le régime a fait de l'emprisonnement de ses opposants une spécialité.

Ils s'appellent Intigam Aliev, Rasul Jafarov, Khadija Ismaïlova, Leïla et Arif Yunus. Ils sont journalistes d'investigation, militants politiques, défenseurs de libertés individuelles... Tous sont aujourd'hui dans les geôles du régime azerbaïdjanais. Pourtant, à Paris, jeudi soir se tenait l'inauguration d'une exposition de photos du très connu Reza intitulée "L'Azerbaïdjan, terre de tolérance". Et si, en réalité, il s'agit plus exactement de tolérance religieuse sur ces clichés, la précision a savamment été négligée.

En effet, dans ce pays musulman à la pratique religieuse modérée, les minorités juives et chrétiennes sont particulièrement prises en compte par un régime soucieux de son image de carrefour des cultures. Et c'est bien cela que le photographe Reza a décidé de mettre en avant depuis des années dans ce pays, encouragé par un pouvoir politique qui voit là l'occasion de porter sa communication. Mail il ne montre pas le reste.

Sept ans de prison

La Première dame Mehriban Alieva, présidente de la très fortunée Fondation Haidar Aliev, - du nom du précédent président et père de l'actuel - était d'ailleurs l'invitée d'honneur de la soirée d'inauguration. C'est elle, au travers de la Fondation, qui finance le pince-fesse. Au programme : discours du maire du 1er arrondissement, de l'ambassadeur ou encore du président de l'association des amis de l'Azerbaidjan Jean-François Mancel, grand défenseur du président Aliev réélu en 2013 pour un troisième mandat avec 84,6% des voix.

Pas un mot bien sûr sur les questions qui fâchent. "Oui, oui je connais cette femme mais nous ne sommes pas là pour ça" consent à répondre la Première dame lorsqu'on la presse d'évoquer le cas de Khadija Ismaïlova, cette journaliste d'investigation condamnée le 1er septembre à plus de sept ans de prison lors d'un "simulacre de procès" selon Human Right Watch, destiné à la réduire au silence. Mais pour poursuivre ce petit entretien entre les discours d'inauguration et la visite privée de l'exposition, il faudrait pouvoir s'imposer face à la carrure de l'ambassadeur surgit pour sauver d'une parole malheureuse l'épouse du président... Ce que ses deux mètres de muscles ne nous permettrons pas.

Endossant le rôle de garde du corps, Elchin Amirbayov se glisse en effet auprès de Mehriban Alieva pour l'escorter jusqu'à l'exposition avant que les portes ne soient immédiatement refermées. Non, le sujet n'est pas au programme de la soirée. Ni du côté des organisateurs, ni d'ailleurs du côté du photographe ou des invités tous amis du régime. Le député Jean-François Mancel, président de l'Association des Amis de l'Azerbaidjan ou la sénatrice de l'Orne Nathalie Goulet vice-présidente de l'association, la maire du 5e arrondissement Florence Berthout ou celui du 1er Jean-François Legaret, mais aussi le metteur en scène Robert Hossein.

80 prisonniers politiques

Le comédien s'étonne :
Des opposants en prison ? Vous êtes sûr ? Je ne suis pas au courant. Je suis souvent invité en Azerbaidjan, je ne connais pas ces gens."

Il préfère reprendre les grandes lignes de la communication du régime pour excuser ce qu'il minimise comme des imperfections : "C'est un pays jeune, issu de l'éclatement de l'Union soviétique et qui a hérité de pratiques dont il est peut-être difficile de se départir. Et puis c'est un pays en guerre avec l'Arménie comme vous le savez, aux frontières de l'Iran, la Russie, la Turquie…" Autant de raisons qui justifieraient que le pays compte 80 prisonniers politiques, voit ses élections dénoncées comme irrégulières par les observateurs de l'OSCE ou soit désormais à la 162e place sur 180 dans le classement de Reporters sans frontières ?

Chez Reza, la magnanimité est également à la hauteur de la promotion de ses travaux par la Fondation Aliev, fidèle partenaire de ses expositions. Il tente d'argumenter, comme si taire le caractère dictatorial de l'Azerbaidjan et ses propres rapports cordiaux avec la famille régnante était anecdotique :
Je montre un aspect positif du pays qui est réel et je garde mon intégrité de journaliste je vous assure. Vous reproche-t-on, lorsque vous choisissez un angle pour un reportage dans un pays, de ne pas traiter les autres ? Je crois qu'attaquer bille en tête le régime sur la question de la démocratie ne peut que le faire se replier un peu plus sur lui-même."

Depuis 20 ans qu'il travaille dans le pays, pourtant, aucune amélioration n'a été enregistrée dans le chemin vers la démocratie.

Pour le seul début de l'année, sept militants et journalistes opposés à la politique du gouvernement azerbaïdjanais ont été condamnés à de lourdes peines, la plupart pour des délits économiques dénoncés comme des "accusations forgées de toutes pièces" par Amnesty international.

Céline Lussato




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Source/Lien : Le Nouvel Observateur



   
 
   
 
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