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Nous avons suivi les réfugiés syriens de Turquie jusqu'en Grèce
Publié le : 02-10-2015

RTBF

Régis De Rath
Publié le jeudi 01 octobre 2015 à 14h24

Deux millions de Syriens se trouvent en Turquie, souvent une porte d'entrée vers l'Europe. Dans les rues, dans les ports, c'est la cohue et la débrouille. Un commerce se développe même autour de ces familles qui tentent la traversée en mer vers la Grèce.

Istanbul

C'est la plus grande gare routière d'Europe : l'"Otogar" d'Istanbul est un véritable nœud routier international. Depuis plusieurs mois les Syriens s'y pressent par milliers. "On est venu pour travailler, on se réfugie ici, nous sommes des réfugiés. Mais on n’obtient rien, ils ne nous offrent rien, ils ne nous laissent pas travailler", témoigne une femme.

Rien qu'à Istanbul, les Syriens sont 300 000, bien plus que dans toute l'Union européenne. Accueillis sans visa, ils n'obtiendront aucun statut. Ils n'ont donc qu'une idée en tête : rejoindre l'Europe par tous les moyens, où ils pensent qu'ils pourront avoir de meilleures conditions de vie.

La frontière terrestre vers la Grèce et la Bulgarie est cadenassée, infranchissable depuis quelques jours. Ils prendront donc la route du sud, celle des ports turcs de la mer Égée.

Izmir

Dès l'arrivée à Izmir, on ne peut pas ne pas les voir. Les réfugiés syriens mendient à tous les feux rouges. Surtout des femmes mais aussi de très jeunes enfants. Dans le centre-ville, le quartier Basmane a été rebaptisé "la petite Syrie".

Nous y repérons une famille; l'un des enfants porte sur le dos un sac rempli de gilets de sauvetage. Comme le veut désormais le parcours habituel, ils ont été pris en charge par un passeur.

Dans le quartier, les hôtels sont remplis de candidats au départ. Abdul et Ojeh ont 21 ans. Ils ont fui Idlib en Syrie. Et sont très fiers de nous montrer qu’ils sont prêts pour le départ.

Les deux garçons ont payé 50 euros pour leur gilet de sauvetage et, quand on leur demande comment ils effectueront la traversée vers la Grèce, ils répondent en cœur : "Balem, balem". C'est une simple bouée qu’ils passeront autour du cou. Ils devront aussi payer les 1000 euros exigés pour avoir une place sur les canots pneumatiques.

Sacs plastiques

C'est dangereux, reconnaissent-ils, mais ils sont nombreux à vouloir s'y risquer : "J’ai peur d’aller dans l’eau, je pourrais mourir, c’est possible. Qu’est-ce que vous voulez faire avec ça dans la mer ? On peut mourir".

Le matériel pour traversées périlleuses se vend ostensiblement dans les rues d'Izmir. Des sacs étanches pour GSM, des ballons gonflables pour garder son argent au sec, et puis des gilets exposés dans les vitrines de prêt-à-porter. Y compris en taille enfants. Au plus fort de l'été il s'en vendait 1000 par jour. Un commerce lucratif dont les vendeurs refusent de parler : "Vous allez retourner en Europe avec votre caméra! Envoyez plutôt de l'argent à la Turquie et là au moins les réfugiés pourront passer du bon temps. Ils veulent venir en Europe mais vous ne les laisserez pas venir" dit l'un d'entre eux.

La vie et l'avenir de ces réfugiés tient en tout cas dans ces sacs plastiques sombres qu'on repère sans mal dans les rues d'Izmir.

Lesbos (Grèce)

Ce sont leurs premiers pas en Europe : en Grèce, sur l'île de Lesbos. La nuit est encore noire quand nous distinguons leur silhouette. Les plus petits viennent d'enlever leur gilet de sauvetage. Les autres récupèrent sur les berges.

Tout au long de la journée, ils sont des centaines à avoir réussi la traversée. Le flux est très chaotique. Dans le tumulte, certains tombent à l'eau. On les hisse vaille que vaille à quai. Les bébés hurlent. Le moteur de leur bateau a lâché, mais tous sortiront sains et saufs de l'embarcation.

Au bord des larmes, de l'épuisement, certains grelottent, transis de froid. Les humanitaires sont déployés.

70 000 réfugiés ont réussi la traversée vers Lesbos depuis l'été. À l'arrivée, ils remercient Dieu, tombent les genoux au sol, découpent les sacs étanches pour donner leur premier coup de fil et puis ils se réchauffent autant qu'ils le peuvent.




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Source/Lien : RTBF



   
 
   
 
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