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Génocide arménien : Ankara menace d'écarter GDF du projet Nabucco
Publié le :

LE MONDE | 06.04.07 | 12h36 • Mis à jour le 06.04.07 | 15h41
ISTANBUL CORRESPONDANCE

L'agence anatolienne de presse a annoncé jeudi 5 avril que la compagnie d'Etat turque de pétrole et de gaz Botas avait suspendu les négociations avec le groupe français Gaz de France sur sa participation au projet de gazoduc Nabucco, prévu pour acheminer en Europe, à l'horizon 2011, le gaz naturel d'Asie centrale via la Turquie. Selon l'agence, cette décision serait dû à la position de la France sur le génocide arménien.

Le projet de loi condamnant la négation du génénocide, adopté en octobre dernier par l'Assemblée nationale mais par encore par le Sénat, et plus généralement l'hostilité qui s'est manifesté en France à une adhésion turque à l'Union européenne alimente à Ankara, avant les élections françaises, un sentiment de défiance. "Nous allons suspendre le partenariat jusqu'à l'élection présidentielle française, a déclaré un responsable du ministère turc de l'énergie à Reuters. Nous prendrons une décision en fonction de la politique suivie après les élections en France".

Ni GDF ni Paris n'ont confirmé la suspension des négociations sur le projet de gazoduc, dont le coût est estimé à 4,6 milliards d'euros. Celles-ci impliquent, outre Gaz de France, des partenaires de plusieurs autres pays : l'Autriche, la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie.


LIENS MILITAIRES SUSPENDUS


La menace sonne comme un avertissement aux hommes politiques français. Les Turcs ont noté que la candidate socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, a déclaré récemment soutenir la nouvelle loi pénalisant la négation du génocide arménien, tout comme François Hollande, mardi 3 avril, au cours d'une réunion à Alfortville avec le parti nationaliste arménien Dachnak. Les prises de position récurrentes de Nicolas Sarkozy ou de François Bayrou contre l'adhésion de la Turquie à l'UE ne laissent pas présager d'un avenir plus détendu.

Les pressions n'ont cessé ces derniers mois de monter contre la France. Depuis le 1er janvier, les liens militaires ont été suspendus. Des visites réciproques et des autorisations de survol du territoire pour les appareils français en route vers l'Afghanistan ont été annulées. Les tracasseries administratives ou douanières se sont multipliées. "De nombreux hommes d'affaires ou des enseignants connaissent des difficultés pour obtenir leurs permis de séjour. Les procédures traînent en longueur", observe Raphaël Esposito, directeur de la chambre de commerce franco-turque d'Istanbul.

Plusieurs grandes entreprises françaises ont subi pendant quelques mois les effets d'une campagne de boycottage lancée en octobre : Carrefour, Total ou Danone accusant des baisses de leur chiffre d'affaire allant jusqu'à 10 % ou 15 %. "Ces entreprises semblent avoir retrouvé un rythme de croisière mais le ressentiment n'est pas totalement dissipé, constate Raphaël Esposito.

Plus récemment, la menace d'un boycottage a aussi plané sur Eurocopter ou Areva, candidats à des investissements de taille en Turquie. Le Crédit agricole, qui était pressenti pour acquérir la banque Oyak, propriété de la mutuelle de l'Armée turque, s'est également retrouvé confronté à la question du génocide arménien.

Paradoxalement, les échanges franco-turcs ont pourtant augmenté de 15 % en 2006. Signe que, dès que l'on quitte la sphère publique, les intérêts commerciaux reprennent le dessus. Cette hausse est principalement due à d'importants contrats dans l'aéronautique. Autre exemple, Alstom vient de décrocher, fin mars, un contrat de 323 millions d'euros sur le chantier du Marmaray, un tunnel ferroviaire sous le Bosphore qui entrera en fonction en 2011. Avec une population de 74 millions d'habitants et une croissance soutenue, la Turquie est devenue un marché émergent de premier plan dans de nombreux secteurs de l'industrie et des services, incontournable pour les grandes multinationales.

Guillaume Perrier
Article paru dans l'édition du 07.04.07.



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Source/Lien : Le Monde



   
 
   
 
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