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Article du journal franco-turc Zaman - 07/10/2015 - 1
Publié le : 08-10-2015

Intéressante analyse du journal turc Zaman (dans sa version française). À savoir : le journal est la propriété de Fethullah Gülen, le prédicateur islamiste turc basé aux USA et devenu la bête noire d'Erdogan. Toujours aussi fin, Erdogan a harangué la foule présente à son meeting électoral de Strasbourg en ces termes : «Prendre un passeport français ne vous fait pas perdre votre identité turque et vous permet de servir votre pays d'origine». M. Erdogan a aussi présenté la Turquie comme le défenseur de «la vraie civilisation» face à une Europe affectée par «la xénophobie, l’islamophobie et le racisme».

Zaman France

NON à l'instrumentalisation politique des Franco-turcs

Mercredi, Octobre 7, 2015 - 17:58

Emre Demir

Paris

La communauté turque en France n’est pas homogène, mais au contraire très diversifiée pour des raisons sociopolitiques. Cette diversité est en vérité une source de richesse. Mais ces campagnes électorales agressives avec des enjeux proprement turco-turcs ont transformé cette diversité en une source de tension qui a polarisé la diaspora turque en France.

Longtemps citoyens de second ordre pour leur pays d’origine, les Franco-turcs sont de plus en plus convoités ces cinq dernières années. Cette relation a pris une nouvelle dimension depuis le changement de la loi électorale qui permet aux Turcs de France de participer aux scrutins qui se déroulent en Turquie. Les responsables des partis politiques turcs comme l'AKP, le CHP, le MHP ou le HDP fréquentent désormais les villes françaises avant les élections anticipées du 1er novembre très tendu là où chaque voix comptera. Les cortèges de voitures, les drapeaux turcs et les affiches électorales sont partout.

Conscient de l’importance des voix de la diaspora (2,5% de l’électorat), le président Erdogan n'a pas hésité à faire des meetings électoraux en grande pompe en Europe violant le principe de neutralité politique prévu selon la Constitution turque. Officiellement consacrée au terrorisme, la visite du président turc Recep Tayyip Erdogan à Strasbourg le 4 octobre, à un mois des législatives anticipées, avait tout d'une rencontre électorale. Erdogan n’a été reçu en France par aucun officiel. Il est juste venu pour livrer un discours retransmis sur plus 25 chaînes télé en Turquie et il est reparti à Bruxelles. Le président turc a conseillé à ses compatriotes résidant en France de prendre la nationalité française, avant de conclure : «Prendre un passeport français ne vous fait pas perdre votre identité turque et vous permet de servir votre pays d'origine». M. Erdogan a aussi présenté la Turquie comme le défenseur de «la vraie civilisation» face à une Europe affectée par «la xénophobie, l’islamophobie et le racisme». Autant de propos inconvenants voire même hostiles pour les pays hôtes que sont la France et l'Union européenne.

L’image d’Erdogan, vu comme «un leader défiant les puissances mondiales», l’a rendu très populaire chez les Turcs de la diaspora qui entretiennent une relation très personnelle avec le raïs turc. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'ils agiront comme des groupes de lobbying au service de l'AKP comme l'espère Erdogan. Pire, en recommandant aux Turcs de France de servir les intérêts de la Turquie, Erdogan a contribué à alimenter les thèses de l’extrême-droite française en Alsace qui accuse désormais les communautés turques d'être une cinquième colonne. Cela suffira-t-il à le convaincre d'infléchir cette politique ? Pas sûr. Depuis son arrivée au pouvoir, il n'a cessé de manifester sa volonté d'organiser la diaspora turque pour qu'elle devienne visible et active. Or, fédérer une «diaspora» en France depuis Ankara n’est un objectif ni réalisable, ni même souhaitable.

En effet, contrairement aux apparences, la communauté turque n’est pas homogène, mais au contraire très diversifiée pour des raisons sociopolitiques. On peut y trouver tous les clivages de la Turquie, les rivalités politiques, le pluralisme confessionnel et ethnique. Cette diversité est en vérité une source de richesse. Mais ces campagnes électorales agressives avec des enjeux proprement turco-turcs ont transformé cette diversité en une source de tension qui a polarisé la diaspora turque en France. En fin de compte, divisés entre eux et ciblés par les populistes de l'extrême-droite, les Franco-turcs sont doublement stigmatisés à cause de ces campagnes qui ne servent qu'à gonfler le score électoral des partis politique turcs.




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Source/Lien : Zaman France



   
 
   
 
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