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La rue contre un Président religieux
Publié le :

jerome bastion

Mis en ligne le 30/04/2007
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Un demi-million de Turcs ont manifesté pour la laïcité dimanche à Istanbul.
La manifestation succédait à un "coup d'Etat électronique" de l'armée, raté.
Le Premier ministre peut passer outre ce dernier mais pas l'avis de la rue.

Correspondant à istanbul

Il est venu avec ses enfants parce qu'il estime que ''le pouvoir en place n'est pas laïc'', et qu'il ''doute que ses enfants grandissent dans le respect des valeurs de laïcité'' : Oktay Dogru, expert comptable de 37 ans, a dans une main une poussette où un bébé dort à l'ombre du drapeau turc, et dans l'autre son second fils à peine plus âgé, qui tient aussi l'emblème national à l'étoile et au croissant de lune. ''Je suis là pour défendre les acquis révolutionnaires d'Atatürk'', dit-il fièrement.

Peut-il citer des exemples illustrant la "dérive fondamentaliste" du pouvoir en place, comme le dénonçait l'armée dans un mémorandum virulent ? ''De plus en plus d'activités en foulard dans les écoles'', lance-t-il.

Des centaines de milliers

Comme lui, ils étaient des centaines de milliers à occuper la rue d'Istanbul, dimanche, à l'appel de plusieurs organisations kémalistes, notamment de femmes, qui entendaient clairement barrer la route du palais présidentiel aux ''mollahs" du parti de la Justice et du Développement.

Deux semaines après un rassemblement similaire à Ankara, le message est on ne peut plus clair : pour la seconde fois, environ un demi-million de personnes s'opposent à ce qu'un membre du parti au pouvoir occupe le fauteuil de Président de la République, surtout s'il a une femme voilée, comme c'est le cas pour Abdullah Gül, actuel ministre des Affaires étrangères et seul candidat en lice.

Au premier tour de scrutin, vendredi, M. Gül avait manqué de peu d'être élu directement, recueillant 357 voix sur 367 requises pour atteindre la majorité des 2/3 au parlement. Mais immédiatement après, l'état-major avait publié sur son site Internet un mémorandum très virulent contre les activités fondamentalistes menées en lieu et place des célébrations officielles de la fête de la Souveraineté, le 23 avril, et ''malgré l'avertissement fait aux institutions comme le ministère de l'Education''.

Rappelant la mission de défense des ''valeurs fondamentales'' (la laïcité) dont est chargé l'état-major, ce texte prévenait que l'armée n'hésiterait pas à faire usage de ses prérogatives constitutionnelles. Et il indiquait au passage que ''ceux qui s'opposent au principe "heureux qui se dit turc" de Mustafa Kemal Atatürk sont les ennemis de la République et le resteront''. Une allusion directe au Premier ministre Erdogan, qui avait évoqué le 19 janvier le nationalisme étriqué ayant fait le lit de l'assassinat du journaliste arménien Hrant Dink.

Ce que certains ont appelé un "coup d'Etat électronique", car il visait directement à interrompre le processus électoral en cours, a visiblement échoué. Samedi, le gouvernement contre-attaquait en réfutant non seulement les accusations portées contre lui mais en estimant que cette déclaration de l'état-major visait à influencer le cours de la justice, le moment choisi pour sa publication n'étant pas innocent. Il rappelait aussi que l'institution militaire était sous la responsabilité du gouvernement, qu'elle ne devait pas créer l'instabilité.

Discours ce lundi

Alors que l'opposition cédait à un début de panique, appelant le parti au pouvoir à céder et à convoquer des élections législatives anticipées, l'AKP au pouvoir, choisissait de faire front à la menace des militaires et de poursuivre dans la voie constitutionnelle. Dimanche, Gül confirmait qu'il maintenait sa candidature et attendait la décision de la Cour constitutionnelle.

Mais la démonstration de force des défenseurs de la laïcité, pour la deuxième fois en deux semaines, devrait peser aussi dans la décision que devrait annoncer ce lundi le Premier ministre Erdogan, qui a promis de s'adresser à la nation. S'il est tout à son honneur d'avoir résisté aux pressions des généraux turcs, habitués à déposer les tenants du pouvoir civil, il lui sera difficile d'ignorer l'expression de la rue.

Et ce avant même que la Cour constitutionnelle, travaillant désormais sous influence, ne rende son avis, attendu pour mercredi, veille d'un éventuel second tour de scrutin.






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Source/Lien : La Libre Belgique



   
 
   
 
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