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A la Une - UE/Turquie : "Il faut supprimer l’accord avec la Turquie sur les réfugiés!"
Publié le : 05-07-2017

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous invite à lire la tribune de Beate Klarsfeld et Benjamin Abtan parue sur le site de La Règle du Jeu le 1er juillet 2017.











La Règle du Jeu

Il faut supprimer l’accord avec la Turquie sur les réfugiés!

1 juillet 2017

Beate Klarsfeld et Benjamin Abtan plaident pour la fin de l'accord qui est utilisé par Erdogan pour éviter les pressions européennes contre son régime de plus en plus autoritaire.

par Benjamin Abtan et Beate Klarsfeld

En mars 2016, Mme Merkel et M. Erdogan ont conclu un accord sur les réfugiés qui allait entraîner l’Europe entière. De nombreux réfugiés, notamment syriens, tentaient alors de rejoindre l’Europe et en particulier l’Allemagne, où l’opinion publique commençait à montrer des signes d’opposition à leur accueil.

Cet accord, qui est toujours en place, stipule que la Turquie doit bloquer les réfugiés en échange de milliards d’euros versés annuellement par l’Europe.

Disons-le clairement : cet accord inutile est utilisé par M. Erdogan pour éviter les pressions européennes alors qu’il met en place un pouvoir de plus en plus autoritaire, et alimente le nationalisme en Europe.

Pour toutes ces raisons, il doit être supprimé.

Tout d’abord, il est inutile.

En effet, depuis mars 2016, l’Europe a considérablement accru les moyens de contrôle de ses frontières.
Notamment, l’UE a fondé en octobre 2016 l’Agence européenne de garde-côtes et garde-frontières, afin de renforcer et de coordonner le contrôle de ses frontières extérieures. Dotée d’un budget de plus de 300 millions d’euros pour 2017, elle dispose de plus de 400 employés, d’un corps d’intervention rapide de 1 500 personnes, de son propre équipement, et de l’autorité pour intervenir sur les frontières extérieures de l’UE en cas de crise.

Que l’on souhaite une politique plus ouverte ou plus restrictive en ce qui concerne l’accueil des migrants, l’Europe est désormais bien peu dépendante d’Etats tiers pour mettre en place et faire respecter ses choix politiques, et le sera encore moins dans un avenir proche. Ce qui vaut pour la Turquie vaut d’ailleurs également pour d’autres Etats, comme le Soudan ou l’Erythrée, dotés de régimes dictatoriaux. En clair : nous n’avons pas besoin d’eux.

Surtout, ce n’est pas l’Allemagne et l’Europe qui ont besoin d’Erdogan, pour qu’il empêche les réfugiés d’arriver en Europe. C’est Erdogan qui a besoin des réfugiés, implantés dans le sud-est de la Turquie ou le «Kurdistan turc», pour les utiliser dans sa politique d’oppression du mouvement national kurde.

En effet, à court terme, la présence de réfugiés dans le sud-est de la Turquie permet d’exercer une pression économique sur le mouvement kurde. Leur travail, au noir, représente une concurrence par le bas pour les travailleurs de la région. De plus, ce sont principalement les municipalités, kurdes, qui doivent fournir les budgets pour les camps de réfugiés.

A moyen et long terme, leur présence dans cette région permettra la transformation d’un rapport de force électoral et politique avec le mouvement kurde, en faveur de l’AKP.
En effet, lorsqu’elles auront accès à la citoyenneté et donc au droit de vote, les populations sunnites, aux valeurs conservatrices, qui auront qui plus est acquis la citoyenneté grâce à l’AKP, représenteront à n’en pas douter un soutien électoral de poids pour ce parti, transformant le rapport de force dans les urnes en sa faveur, au détriment du mouvement kurde.

Ceci explique pourquoi les réfugiés sunnites bénéficient d’un meilleur statut administratif et d’un meilleur accès aux services publics que les autres, notamment les Yézidis pourtant victimes de génocide.
Ce traitement administratif privilégié aujourd’hui pourrait bien représenter la préfiguration d’un accès prioritaire voire exclusif à la citoyenneté, donc à l’acquisition du droit de vote, à l’avenir.

L’oppression d’un mouvement national et le contrôle du territoire où il se déploie par la transformation de la composition de la population est une vieille tradition du nationalisme turc. Elle était au cœur du génocide arménien de 1915 comme des massacres et des déportations des Alévis du Dersim en 1937-1938.

Accueillir des individus qui fuient la guerre et la mort est bien évidemment incomparablement préférable au crime de masse. Il n’en reste pas moins que c’est dans la continuation de cette funeste tradition du nationalisme turc que se situe l’accueil des réfugiés et leur implantation dans les sud-est du pays par les islamistes de l’AKP.

De plus, cet accord sur les réfugiés entre la Turquie, l’Allemagne et l’Europe permet à M. Erdogan de faire du chantage aux Européens et de mettre en place avec violence un pouvoir de plus en plus autoritaire en évitant leurs pressions ou sanctions....


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Source/Lien : La Règle du Jeu



   
 
   
 
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