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A la Une - Aghet, "Le Saigneur du Bosphore"
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - "En arménien, le mot "aghet" signifie catastrophe. Quatre-vingt-quinze après le premier génocide de l'histoire moderne, le gouvernement d'Ankara refuse de reconnaître la responsabilité de la Turquie. retour sur un crime de masse qui en a inspiré bien d'autres." Ainsi est introduit l'article qu'Eric de Saint Angel consacre à "Aghet, 1915 le génocide arménien", film d'Eric Friedler, dans le supplément « Télé Ciné Obs » du Nouvel Observateur (N° 2423 du 14 au 20 avril 2011). Ce film allemand sera diffusé sur Arte, ce mercredi 20 avril 2011 à 20h40. "Retour sur le massacre des Arméniens de l'empire ottoman, qui débuta le 24 avril 1915, il y a 96 ans, et fut à l’origine du vote par l’ONU, en 1948, de la Convention sur la prévention et la punition du crime de génocide." A noter : le Collectif VAN et 20 associations françaises et internationales des droits de l'homme commémoreront le Lundi de Pâques, 25 avril 2011, le 96 ème anniversaire du génocide arménien de 1915.

Bande Annonce de Aghet, 1915 le génocide arménien :


http://videos.arte.tv/fr/videos/aghet_1915_le_genocide_armenien_bande_annonce_-3842796.html

Aghet

Durée : 1 heure 35 minutes

Sous-titrage malentendant (Antiope).

Stéréo

En 16:9

Le sujet

Chronique de l'«aghet», le massacre, dans l'Empire ottoman, d'un million et demi d'Arméniens entre 1915 et 1918 : un génocide toujours nié par l'Etat turc.

En arménien, le mot «aghet» signifie catastrophe. Il fait référence au massacre d'un million et demi d'Arméniens entre 1915 et 1918, dans l'Empire ottoman. Mais la Turquie d'aujourd'hui refuse toujours de reconnaître sa responsabilité dans ce que les historiens sont presque unanimes à qualifier de génocide. Et même si l'on commence à oser aborder publiquement le sujet dans le pays, ceux qui s'opposent à la version officielle risquent gros. Après l'assassinat, début 2007, du journaliste turc arménien Hrant Dink, c'est le Prix Nobel de littérature Orhan Pahmuk qui a été traîné en justice. Le documentariste Eric Friedler enquête depuis plusieurs années sur les motifs politiques qui poussent des gouvernements et des individus à nier ce génocide. Les différentes sources consultées lui permettent de faire la chronique du drame arménien.

La critique

Les survivants du génocide perpétré entre 1915 et 1923 sont aujourd'hui centenaires. Eux et leurs sept millions de descendants ont trouvé une terre d'adoption dans une cinquantaine de pays dont le Liban, les EtatsUnis, la France, quand ils n'ont pas élu domicile dans une petite république du Caucase sans accès à la mer, l'Arménie. Soixante mille Arméniens vivent encore en Turquie. Rares sont ceux qui revendiquent leurs origines, et pour cause. A Istanbul, sur la Colline de la Liberté face au Bosphore, des mausolées honorent les chefs de la révolution nationaliste. Plusieurs rues et même une école primaire portent le nom de Talaat Pacha, le ministre de l'Intérieur qui organisa la déportation et l'extermination de plus d'un million de leurs compatriotes.

« C'est comme s'il y avait une rue Adolf Eichmann à Berlin », note Patrick Devedjian, ancien ministre, issu de la communauté arménienne, qui s'oppose à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne tant que celle-ci s'obstinera à nier les faits. En Turquie, l'évocation du génocide est sanctionnée par le code pénal. L'écrivain Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature, a été traîné en justice pour avoir osé dire qu'un débat devait s'ouvrir sur la question. Un journaliste turc d'origine arménienne, Hrant Dink, a été abattu en pleine rue, et son assassin, un fanatique âgé de 17 ans, n'a jamais été condamné.

La Turquie joue de son poids politique et géostratégique pour empêcher l'ONU de reconnaître le génocide arménien. Des preuves, c'est ce que réclame encore et toujours le président Erdogan. Elles sont pourtant nombreuses. Les archives de plusieurs capitales occidentales regorgent de rapports diplomatiques, de comptes rendus rédigés par des médecins, des enseignants, des missionnaires, des correspondants de presse qui se trouvaient dans l'Empire ottoman au début du XXe siècle. Des témoignages aussi poignants qu'accablants.

Chaque année, au mois d'avril, des centaines de milliers de membres de la diaspora se rassemblent à Erevan, sous les cimes enneigées des monts Aragats et Ararat. Le 24 avril 1915 a en effet débuté le processus d'anéantissement de leur communauté. En ce jour de douleur et de colère, on pleure les victimes au pied d'un mémorial et on s'indigne de ce que la vérité ne soit toujours pas reconnue. En 1920, il avait pourtant été question de déférer les responsables de ce massacre (le mot génocide n'existait pas encore) devant un tribunal international, mais la Société des Nations avait jugé une telle mesure prématurée.

L'histoire de l'Arménie, premier pays à avoir proclamé le christianisme comme religion d'Etat au IVe siècle, est complexe. Pour simplifier, disons que les Perses et les Ottomans se la disputèrent et qu'au XIXe siècle, en Turquie, la population comptait 2 millions d'Arméniens. Victime de toutes sortes d'abus et d'exactions, cette minorité chrétienne revendiquait l'égalité sur le plan social et politique. Non seulement la Sublime Porte faisait la sourde oreille, mais elle encourageait les pogroms. En 1895, 250 000 Arméniens furent massacrés sur ordre du sultan parce qu'ils avaient protesté contre des impôts abusifs. Sur ces entrefaites, éclate une révolution et trois généraux se partagent le pouvoir. Ces réformistes empruntent la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » à la France mais veulent une Turquie ethniquement homogène. Le nouveau gouvernement est allié avec le Kaiser lorsque éclate la Première Guerre mondiale. Pendant l'hiver 1914, les troupes du tsar envahissent le Caucase et la contre-offensive turque est un tel échec que la propagande l'impute à une fraternisation entre chrétiens, puisque des Arméniens combattent dans les deux armées. Un vent de haine se déchaîne contre les traîtres. Le ministre de l'Intérieur et grand vizir, qui considère l'élimination des Arméniens comme une nécessité historique et nationale, va en prof ter.

La suite relève de l'horreur la plus absolue. La totalité de la population arménienne est jetée sur les routes, soumise à des traitements d'une barbarie invraisemblable, conduite à marche forcée vers la Syrie, le Liban et la Palestine, le long de l'Euphrate où la dysenterie et le typhus la déciment, poussée vers le désert où elle meurt de soif. Les témoignages lus par des comédiens allemands, les archives photographiques soulèvent le coeur. L'Histoire n'avait jamais connu une extermination d'une telle envergure, Hitler allait s'en inspirer.

Lueur d'espoir, il semblerait qu'en Turquie le travail de mémoire ait commencé. Personne n'imaginait que 200 000 personnes descendraient dans la rue après l'assassinat du journaliste Hrant Dink. Mais, pour beaucoup, il n'y a jamais eu de génocide arménien.

Eric de Saint Angel




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TÉLÉCHARGER :
 Eric de Saint Angel - Nouvel Obs - N° 2423 - 14 au 20 avril 2011



Source/Lien : Nouvel Obs



   
 
   
 
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