Aujourd'hui : Dimanche, 9 août 2020
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
A la Une - Turquie : Le discours du 7 août, la rhétorique d'Erdogan
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose cette analyse d'Etienne Copeaux, chercheur français spécialiste de la Turquie, publiée sur son blog susam-sokak.fr le 12 août 2016.










susam-sokak.fr

La Turquie du 7 août

Publié par Etienne Copeaux sur 12 Août 2016, 15:11pm

Catégories : #La Turquie d'aujourd'hui

Le président Erdogan s'est exprimé solennellement le 7 août, trois semaines après la bizarre tentative de putsch du 15 juillet. Le gigantesque « Rassemblement pour la démocratie et les martyrs », organisé à Yenikapı, au sud d'Istanbul, est une sorte de congrès de Nuremberg à la turque, qui a mis un peu plus de clarté dans la confusion qui règne, non seulement en Turquie, mais dans la perception des événements en Europe. Le discours d'Erdogan, la mise en scène, les « invités », et l'entretien qu'il a accordé la veille au Monde, nous permettent d'entrevoir ce qu'il entend par « Turquie du 7 août ».

Il faut d'emblée s'en prendre au malentendu (volontaire ?) concernant le terme de « démocratie », prononcé à tout propos depuis la tentative de putsch, par Erdogan, par les acteurs politiques, mais aussi, de manière peut-être délibérément faussée, par les commentateurs hors de Turquie. Pour ne prendre qu'un seul exemple, Jacques Mézard, président de la commission France-Turquie du Sénat, expliquait sur France-Culture le 9 août qu'on était trop sévère avec Erdogan car « il a été élu démocratiquement ».

C'est vrai si l'on considère la démocratie comme une succession de scrutins qui se produisent plus ou moins régulièrement, conformément à une constitution et à des lois électorales. Mais les commentateurs, et Erdogan lui-même bien sûr, jouent d'un glissement de sens entre « démocratie » et « élections » et font semblant d'ignorer que celles-ci ne sont pas la garantie de celle-là. Hitler n'a-t-il pas été élu régulièrement ?

Comme je l'ai dit et écrit par ailleurs, pour admettre que la démocratie existe en Turquie, il faudrait admettre qu'il n'y ait eu aucun mouvement de répression, d'atteinte à la liberté de la presse, d'opinion, de réunion, aucune violence politique et militaire s'exerçant contre des civils et/ou contre leurs biens, aucune mesure visant le libre exercice de l'enseignement, de la défense des droits humains ; et, non plus, aucune restriction au droit à la représentation par manipulation des lois électorales. Ceci depuis 2002. En somme, si l'on suit des avis comme celui de Jacques Mézard, tout cela importe peu si les élections se déroulent dans la régularité instituée par la loi.

J'y reviendrai dans un article ultérieur.

Le discours du 7 août, la rhétorique d'Erdogan

Les discours prononcés le 7 août par le président, par le premier ministre Yıldırım et par deux leaders « d'opposition » ont été traduits en français sur l'excellent site kedistan.net, auquel je renvoie. Dans son allocution, le président Erdogan, à de multiples reprises, salue les 81 départements de Turquie, et surtout « les 79 millions de Turcs », c'est-à-dire la nation tout entière, « ma sainte nation ». Cette insistance rappelle fortement le discours qu'il avait prononcé le 6 juin 2013, à l'aéroport d'Istanbul, alors que la Turquie était bouleversée par le mouvement de Gezi. En évoquant de la même manière, à l'époque, « les 76 millions de Turcs », en s'adressant à la totalité, Erdogan signifiait l'insignifiance du mouvement : un rien, une quantité négligeable, des « voyous » qu'il s'apprêtait à faire brutalement balayer par sa police.

Cette fois, il est vrai, Erdogan a eu affaire à plus violent. Mais en procédant de la même manière, il renvoie à nouveau l'adversaire à rien, puisqu'en Turquie il n'y a rien en dehors des « 79 millions ». La bande des « FETÖ » (l'organisation supposée des partisans de Fethullah Gülen) entre dans le néant, quel que soit le nombre de ses effectifs, la puissance alléguée de ses armes et de son réseau. Le mouvement du 15 juillet, qu'il a appelé lui-même dans la rue, est donc un combat de toute la Turquie : « Sans cesse nous pouvons dire que nous sommes unis, nous sommes forts, nous sommes vivants, nous sommes frères, nous sommes, tous ensemble, la Turquie ».


Lire la suite sur le blog d'Etienne Copeaux susam-sokak.fr




Retour à la rubrique


Source/Lien : susam-sokak.fr



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org