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A la Une - Turquie : La violence et ses masques
Publié le : 28-11-2017





























Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose cette analyse d'Etienne Copeaux, chercheur français spécialiste de la Turquie, publiée sur son blog susam-sokak.fr le 27 Novembre 2017.


Légende photo : Notables d'Erzurum au début du XXe siècle. Collection E.C.

Le bandeau #FreeOsmanKavala, situé sous chaque visuel de notre site, est un appel du Collectif VAN à libérer Osman Kavala, injustement incarcéré en Turquie depuis le 1er novembre 2017. Lire ici.

susam-sokak.fr

La violence et ses masques - Notes préparatoires, 1

Publié par Etienne Copeaux

27 Novembre 2017, 18:11pm

Catégories : #Sous la Turquie - l'Anatolie

Il est habituel, à propos de la Turquie, de parler de « problème kurde », de « problème arménien ». Mais si ces « problèmes » existent, c'est en raison de l'existence d'un « problème turc », qui apparaît sous des modes divers comme le rapport problématique à l'histoire, le nationalisme exacerbé, la violence de la vie politique. Comme je l'ai expliqué dans un texte antérieur, j'avais choisi de m'intéresser aux phénomènes superficiels de la vie publique et politique, aux détails, à l'insignifiant, en essayant de montrer que ces manifestations de surface pouvaient trahir l'existence de problèmes profonds, structurels. Pendant des années j'ai eu l'impression de tourner, en spirale, autour de ces problèmes, en me rapprochant lentement du centre (cf. la série d'articles « Esquisses sur les années 1990 ».

Récemment, j'ai publié sur ce blog quelques textes dans cet esprit ; par exemple un court article sur mon sentiment de stupéfaction au cours de plusieurs épisodes de mes recherches ; j'ai également essayé de faire une synthèse des facteurs de permanence dans la vie politique turque, au cours du siècle écoulé . La liste de ce qui fait la permanence et la stabilité du pays (malgré les changements de gouvernance) est inquiétante : la négation du génocide des Arméniens, la définition (implicite) de la nation par la religion, le nationalisme, la répression anti-kurde, la violence politique sont des pierres angulaires jamais remises en cause par les politiques de l'establishment.

On m'a demandé récemment de contribuer à un ouvrage collectif sur la violence politique. Cet article m'a pris du temps, ce qui explique la raréfaction des textes sur mon blog. Je pense y avoir esquissé une synthèse de mes travaux passés, pour aboutir à une sorte de définition du « problème turc ». Mais mon texte, qui paraîtra en anglais, n'est pas un simple condensé de travaux antérieurs. J'y ai introduit une réflexion nouvelle pour moi, en m'appuyant sur des auteurs peut-être inattendus en ce qui concerne la Turquie : il s'agit de Sigmund Freud, de Hannah Arendt, de Karl Jaspers, d'Alexander et Margarete Mitscherlich. Cette simple liste vous indique que j'ai dû faire un détour par l'histoire de l'Allemagne au XXe siècle, et que ma réflexion cherche à sortir délibérément de la méthode historique habituelle.

***

Pourquoi le détour par l'Allemagne ? Ce pays, conjointement avec l'empire austro-hongrois puis l’Autriche a, à la fois, commis et subi des désastres inouïs, suscitant une réflexion approfondie de la part de philosophes et psychanalystes qui ont essayé de comprendre comment l'Allemagne, mais aussi l'Europe, avaient pu en arriver là.

L'empire ottoman puis la Turquie ont également commis et subi de tels désastres, mais, d'une part, ces événements, bien que documentés par de nombreux récits et témoignages (notamment en ce qui concerne le génocide des Arméniens), n'ont pas alimenté la réflexion de philosophes ou penseurs occidentaux. D'autre part, du côté turc, on ne dispose pas de réflexion comparable à celle des auteurs allemands de la première moitié du XXe siècle. Nous devons donc, à propos de catastrophes comme celles qu'ont produit les deux guerres mondiales, recourir à la réflexion suscitée par les événements d'Europe occidentale.

Cela induit une démarche bien peu historique, qui consiste à utiliser une réflexion philosophique produite indépendamment des événements qui nous intéressent directement, ceux de Turquie.

Une difficulté supplémentaire provient de la chronologie. Les peuples d'Anatolie ont subi des désastres de grande ampleur de 1912 à 1922, comparables dans leur nature à ce qu'ont subi les puissances d'Europe occidentale à la même époque... sauf sur un point capital : l'empire ottoman finissant a commis un génocide en 1915. Il n'y a pas eu, en Europe occidentale, d'événement comparable à la même époque ; peut-on alors risquer des comparaisons avec le génocide des juifs par l'Allemagne nazie ? Et peut-on s'appuyer sur la réflexion induite par l'accomplissement de la Shoah pour en tirer des enseignements sur les événements antérieurs de Turquie ?

J'estime que les œuvres de Jaspers ou des Mitscherlich peuvent en effet nous aider, ainsi que celles de Hannah Arendt. Les leçons qu'ils tirent des événements doivent pouvoir nous éclairer non seulement sur les événements de leur présent, mais aussi sur ce qui est advenu antérieurement, en Anatolie. Je vais donc prendre la liberté d'évoquer des événements situés ailleurs et à deux moments historiques bien distincts (1918-1919 et 1945-1950) pour tenter d'éclairer les conséquences d'événements survenus en Anatolie entre 1912 et 1922, et dans la Turquie naissante.

La place de Freud dans cette réflexion est différente. Freud a écrit, entre 1913 et 1929, plusieurs petits ouvrages qu'on qualifie parfois de « psychologie sociale », qu'il a écrit précisément durant les événements qui nous préoccupent. Il est influencé par ce qui se déroule sous ses yeux en Autriche, et par ce qui se prépare en Allemagne. Ses textes en sont affectés, assez discrètement, mais il nous fournit des instruments conceptuels, des outils de réflexion qui pourront peut-être donner un sens à l'histoire de l'Anatolie et de la Turquie au XXe siècle.

On aura facilement compris par l'orientation de ma propre réflexion que je considère le génocide de 1915 comme événement-origine de ce que j'appelle « le problème turc ». Nous nous plaçons donc à un nœud fondamental de l'histoire de la Turquie contemporaine, jusqu'à nos jours.

Commençons par ce qu'on peut grappiller dans Hannah Arendt....


Lire la suite sur le blog d'Etienne Copeaux susam-sokak.fr




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Source/Lien : susam-sokak.fr



   
 
   
 
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