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Soixante-cinq ans après, un chef du soulèvement du ghetto de Varsovie se souvient
Publi le :

lundi 14 avr, 14 h 20

Par Monika Scislowska, Associated Press
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LODZ, Pologne - Marek Edelman met en garde ses contemporains: "l'homme est mauvais: par nature, l'homme est une bête." Dernier commandant encore en vie du soulèvement du ghetto de Varsovie contre le joug nazi, déclenché il y a 65 ans le 19 avril 1943, il est revenu sur cet épisode tragique de la Seconde guerre mondiale dans un entretien accordé à l'Associated Press avant les commémorations prévues mardi en Pologne.

On devrait enseigner aux gens "dès l'enfance, à partir de l'école maternelle, qu'il ne faut pas haïr", explique M. Edelman, aujourd'hui âgé de 89 ans. "Il faut leur montrer que les personnes sont toutes les mêmes, que la couleur de la peau, la race, la religion n'ont pas d'importance", ajoute-t-il.

Soixante-cinq ans après l'insurrection du ghetto de Varsovie, il est toujours réticent à raconter en détail ces trois semaines où quelque 220 jeunes juifs ont combattu avec leurs modestes moyens l'armée allemande, qui avait commencé à vider l'enclave en déportant ses habitants vers les camps de la mort.

"Ce fut le premier, le plus important et le plus spectaculaire" exemple de résistance armée juive au génocide nazi, souligne Andrzej Zbikowski, directeur de l'Institut historique juif à Varsovie.

Depuis des années, M. Edelman marque l'anniversaire du soulèvement le 19 avril avec une poignée de rescapés en déposant des fleurs devant le Monument aux héros du ghetto. Auparavant, une cérémonie officielle de commémoration devait réunir mardi à Varsovie le président polonais Lech Kaczynski, son homologue israélien Shimon Pérès et le secrétaire américain à la Sécurité intérieure Michael Chertoff.

A cette occasion, des prières juives et catholiques doivent être récitées et des gerbes déposées devant le monument, au coeur de l'ancien ghetto, un secteur de la ville d'une superficie de 307 hectares que les nazis ont fermés en novembre 1940, y entassant jusqu'à 400.000 juifs de toute la Pologne dans des conditions inhumaines. Des appartements de l'époque communistes occupent aujourd'hui la zone.

M. Edelman, qui travaille encore comme médecin dans un hôpital de Lodz, se souvient avec émotion de l'insurrection. "Je me souviens tous d'eux, des garçons et des filles, 220 au total", dit-il. Les nazis "voulaient détruire les habitants (du ghetto) et nous nous sommes battus pour les protéger, pour prolonger leur vie d'un, deux ou de cinq jours".

Les insurgés avaient réussi à faire entrer des armes et des munitions avec l'aide de la résistance polonaise. Mais, il n'y en avait pas assez, souligne M. Edelman, qui précise que lui et ses compagnons n'avaient "pas assez de nourriture" non plus. "Mais nous ne mourions pas de faim. On peut vivre pendant trois semaines simplement avec de l'eau et du sucre", qu'ils trouvaient chez ceux qui avaient été déportés, explique-t-il.

Il avait 24 ans lorsqu'il a pris le commandement de l'un des trois groupes de combattants, tous âgés de 13 à 22 ans, qui ont mené l'insurrection. Sa brigade de 50 hommes utilisait des techniques de guérilla.

Le combat est toutefois par trop inégal et le soulèvement prend fin le 8 mai 1943. Les Allemands ont ensuite rasé le ghetto. Une quarantaine de combattants se sont échappés par les égouts et ont rejoint la résistance polonaise.

"Personne ne pensait survivre", raconte M. Edelman. "Nous savions que le combat était perdu d'avance, mais il a montré au monde qu'il y avait une résistance contre les nazis, qu'on pouvait les combattre."

M. Edelman et quelques autres sont restés à Varsovie pour aider à coordonner les groupes de résistance juifs. Certains combattants du ghetto encore vivants résident en Israël et au Canada, mais M. Edelman est le dernier en Pologne. Même si le soulèvement a échoué, "cela en valait la peine", juge-t-il, "même au prix de la vie des combattants".




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Source/Lien : Yahoo



 
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